Santé

’Empêcher un scénario dramatique’

Chikungunya : Initiatives d’Huguette Bello

Témoignages.re / 2 janvier 2006

Dans un communiqué diffusé hier, la députée du PCR explique plusieurs initiatives qu’elle a prises pour lutter contre l’épidémie de chikungunya.

Puisque les moyens jusque-là mis en place par le gouvernement pour lutter contre le chikungunya sont notoirement insuffisants, et alors que s’installe la saison chaude et humide propice à la prolifération des moustiques, Huguette Bello prend plusieurs initiatives au niveau national.
Pour l’immédiat, la députée du PCR demande au gouvernement de prendre des mesures d’urgence du point de vue financier, juridique, médiatique et des moyens en personnel pour que la saison de l’été austral ne se transforme pas en une catastrophe sanitaire à La Réunion.

1. Elle vient à cet effet d’adresser une question écrite au ministre de la Santé, Xavier Bertrand (voir encadré).

2. Elle réitérera sa demande dès la reprise parlementaire, le 17 janvier prochain, en posant une question orale au gouvernement.

3. Au-delà de l’urgence, et dans la perspective de lutter à plus long terme contre cette maladie à La Réunion, Huguette Bello déposera une proposition de résolution pour la création, à l’Assemblée nationale, d’une commission d’enquête sur l’évolution de la maladie du chikungunya à La Réunion et sur les moyens de l’éradiquer. Elle compte demander à l’ensemble des députés de La Réunion et de Mayotte de s’associer à cette démarche. Cette initiative est complémentaire de celle engagée au Sénat par la sénatrice du PCR, Gélita Hoarau.

4. Huguette Bello va également proposer la saisine de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé. Créé en 2003, cet office a pour mission "d’informer le Parlement des conséquences des choix de santé publique afin d’éclairer ses décisions". Il est composé à parité de membres de l’Assemblée nationale et du Sénat. Il est actuellement présidé par le professeur Jean-Michel Dubernard, député du Rhône et président de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale.


Question d’Huguette Bello au ministre de la Santé

Dans une question adressée à Xavier Bertrand le 29 décembre dernier, Huguette Bello attire l’attention du ministre de la Santé sur l’évolution de la maladie du chikungunya à La Réunion.

"Contrairement aux attentes et aux prévisions, cette maladie, apparue à La Réunion en mars 2005, n’a pas disparu avec l’hiver austral. Selon les derniers chiffres de la DRASS (25 décembre 2005), plus de 6.000 personnes sont atteintes par le virus du chikungunya tandis que, selon des sources officieuses, ce chiffre s’élèverait à plus de 30.000.
De plus, les foyers de transmission active s’étendraient désormais à toutes les régions de l’île.
Le chikungunya dont la première épidémie a pu être constatée en 1952 en Tanzanie, est un mot swahili qui signifie “qui brise les os”. De fait, le virus du chikungunya, qui se transmet par un moustique, provoque de fortes fièvres et des douleurs articulaires intenses qui peuvent persister plusieurs semaines, voire plusieurs mois, douleurs qui peuvent être particulièrement invalidantes. Si aucun décès n’a été recensé, on a, par contre, déjà identifié à La Réunion de graves complications neurologiques, notamment des encéphalites aiguës. Par ailleurs, la transmission du virus de la mère au fœtus est confirmée.
Il n’existe aucun vaccin pour protéger les populations contre ce virus, ni aucun traitement spécifique de la maladie. Le moyen principal pour lutter contre le chikungunya est donc la destruction des moustiques, vecteurs du virus. Plusieurs communes de l’île ont ainsi engagé une vaste campagne de démoustication. Les services de l’État ont mis en place un plan de destruction des gîtes larvaires.
De toute évidence, les différents moyens dégagés par le gouvernement pour faire face à ce fléau s’avèrent insuffisants et la stratégie suivie se montre inadaptée. En effet, le nombre de cas ne cesse à nouveau d’augmenter et plus de 100 nouveaux cas apparaissent chaque semaine. Les spécialistes considèrent que le virus se propage sur un mode endémo-épidémique.
La période de l’été austral (janvier à avril), caractérisée par des pluies abondantes, est particulièrement propice à l’éclosion des larves, ce qui laisse fortement craindre une épidémie d’une grande ampleur et une véritable catastrophe sanitaire.
Face à ce problème de santé publique, Huguette Bello demande au ministre de la Santé de lui indiquer les moyens d’urgence (financiers, juridiques, humains, médiatiques...) qu’il compte adopter pour empêcher un scénario dramatique."