Santé

Face à une situation sanitaire gravissime, doit-on dire, écrire, faire n’importe quoi ?

Section de Saint-André du PCR

Jean-Paul Ciret / 3 août 2021

Dans la situation de crise sanitaire d’une gravité exceptionnelle provoquée par la pandémie du COVID 19, notre société se retrouve confrontée à de nombreuses difficultés et questions légitimes, auxquelles il n’est pas toujours facile de répondre : la nature même des problèmes en cause, très pointus sur le plan scientifique, leur nouveauté, leur complexité liée à une réalité mouvante, les contradictions que l’on a pu relever entre les mesures prises et dans les discours officiels ne contribuent guère à la clarté des débats.

JPEG - 50.8 ko

C’est peut-être ce qui explique, en partie, la discrétion sinon la frilosité d’une grande partie de nos élus à ce sujet. D’ailleurs, il convient de souligner l’esprit de responsabilité de ceux qui ont eu le courage de s’exprimer sur la question centrale de la nécessité de la vaccination, à l’instar des deux président (e)s des Assemblées locales.
Nous ne nions absolument pas le caractère plus que discutable de certaines propositions – qui ne sont pas encore tout à fait des décisions avant l’avis du Conseil Constitutionnel – comme le licenciement de salariés refusant de se soumettre à la vaccination contre le virus du COVID 19. Cette remise en cause des stipulations du Code du Travail est inacceptable, mais nous savons, hélas, que sous ce gouvernement toutes les occasions sont bonnes pour se livrer à ce genre de manœuvres. Il en est de même pour bien d’autres mesures.

Mais, cela autorise-t-il pour autant à dire, écrire, ou faire n’importe quoi, comme nous avons pu le constater depuis des jours et des semaines ? Nous ne partageons certes pas notre tasse de thé avec le Président de la République, mais nous ne saurions accepter que certains, sur des écriteaux, à l’occasion de manifestations, l’accusent de… « crime contre l’humanité » (sic) à cause de sa gestion de crise ! De même, ceux qui croient pouvoir s’affubler d’une étoile jaune, en connaissent-ils seulement la signification ? Mesurent-ils pleinement l’indécence de leur geste ? Ceux qui traitent de « collabos » les personnels de santé sous prétexte qu’ils testent, vaccinent et soignent les malades se rendent-ils compte de l’infamie monumentale de leur interpellation ?
Comment les soignants débordés, à bout de forces et de nerfs, pourraient-ils ne pas plier sous l’insulte ? Pour notre part, nous leur adressons toute la chaleureuse affirmation de notre solidarité et de notre soutien.

Quant à la fameuse revendication de liberté individuelle, soit, et nous ne faisons pas partie de ceux qui auraient la moindre intention de la piétiner. Mais lisez, braves gens, la totalité de l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 Aout 1789, signifiant très clairement les limites de cette liberté individuelle : elle s’arrête là où commence celle des autres. Ou, comme l’a proclamé en substance au XIXe siècle ce tenant du catholicisme libéral, LAMENNAIS. « il est des moments où c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère ! ».
C’est pourquoi, dans ce contexte, nous ne pouvons que vivement déplorer le vote de la majorité du Conseil Municipal de Saint-André, lors de sa séance du 23 Juillet dernier, la décision de soutenir l’implantation d’un (KFC) établissement de restauration rapide – qui plus est à proximité immédiate du Lycée Sarda Garriga et de 3 autres établissements scolaires – dont on connait les nuisances en matière de santé publique. Études et données statistiques de caractère médical le prouvent amplement, et cela pourrait donner lieu à un autre débat. Mais comment peut-on prendre une telle décision irresponsable – la création d’emplois, air connu comme dans bien d’autres domaines, a bon dos – lorsque l’on connait tous les méfaits sur la santé et leurs caractères aggravants pour les patients du COVID 19 ?

Nous nous garderons bien de conclusions définitives et péremptoires sur les questions aussi complexes que celles posées par la pandémie du COVID. Décidons et acceptons un véritable débat, au lieu de la pluie d’insultes, d’anathèmes, fruits d’un obscurantisme et d’un manque de courage accablants pour celles et ceux qui les prononcent.
Pour notre part, nous nous sommes parfaitement identifiés et avons clairement indiqué d’où nous parlons. Que les grands tenants de la liberté et de la démocratie commencent par se pénétrer de cette affirmation . C’est par là que toute société peut se prétendre démocratique, et c’est l’image que, par l’intermédiaire de cette modeste contribution, nous avons l’ambition de donner.

Pour la Section de Saint-André du PCR,
Jean Paul Ciret