Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Pourquoi persister à imposer une obligation vaccinale qui ne dit pas son nom ?
21 janvier 2022, par

Plus de 500.000 nouveaux cas de COVID-19 lundi, plus de 2 millions en 7 jours alors que 90 % de la population éligible a reçu au moins deux doses de vaccin : la situation sanitaire de la France montre que les vaccins utilisés dans l’Union européenne ne permettent pas de contrôler l’épidémie de COVID-19. Le gouvernement annonce pourtant un nouveau relâchement des mesures de distanciation à partir du 2 février, et compte imposer à partir de lundi un Pass vaccinal pour accéder à des lieux publics sous réserve de validation de la loi aujourd’hui par le Conseil constitutionnel.
En France au 19 janvier, voici la situation en termes de vaccination :
– 53 700 248 personnes ont reçu au moins une injection.
– 52 371 711 personnes ont désormais un schéma vaccinal complet depuis le début de la campagne de rappel
– 32 753 983 personnes ont reçu une dose de rappel.
Lundi 17 janvier, 525.527 personnes ont été testées positives, selon les données de Santé publique France par date de prélèvement connues à J + 3. C’est un record depuis le début de l’épidémie. La semaine dernière, la France a avoué plus de 2 millions de nouveaux cas en 7 jours, soit plus de 10 % du nombre de nouveaux cas relevés à l’échelle du monde. Cette flambée est due principalement au variant Omicron, plus contagieux et sur qui les vaccins utilisés en France sont très loin d’être efficaces à 100 %.
La comparaison des deux courbes, nombre de cas et nombre de vaccinés, est édifiante.
Cette situation traduit l’échec des mesures prises par le gouvernement pour faire reculer la COVID-19. Manifestement, l’épidémie de coronavirus est hors de contrôle en France alors que 90 % de sa population éligible à la vaccination a reçu au moins 2 doses de vaccin. C’est la démonstration que les produits utilisés sous forme de vaccins anti-COVID-19 dans l’Union européenne ne permettent pas de contrôler l’épidémie en France, faute d’une efficacité suffisante face à des variants toujours plus différents de la souche originale de la COVID-19 apparue fin 2019. Or, des décisions politiques qui prennent pour le moins quelques libertés avec les faits scientifiques persistent.
C’est en effet dans ce contexte de flambée sans précédent de la COVID-19 en France chez les vaccinés et non-vaccinés que le gouvernement veut imposer l’obligation d’être vacciné pour avoir accès à certains lieux publics. « L’ensemble des Français de 16 ans et plus devront justifier d’un schéma vaccinal complet afin de rentrer au cinéma, au restaurant ou pour prendre le train » : a indiqué le Premier ministre hier en conférence de presse.
A la différence du Pass sanitaire, sa nouvelle version sera pas active avec un test négatif à la COVID-19 de moins de 24 heures. Il faudra être considéré comme vacciné pour avoir un Pass à jour, avec une dose à se faire injecter tous les 4 mois. Cela doit donc vouloir dire que pour le gouvernement, une injection tous les 4 mois est plus fiable qu’un test pour déterminer à un instant précis si une personne n’est pas infectée par la COVID-19, et peut ainsi donc accéder à des lieux qui sont interdits aux autres.
Pour appuyer cette obligation, le Premier ministre présente pourtant un étrange marchandage aux personnes qui n’ont pas encore accepté de participer à la campagne de vaccination : « Je vous annonce que nous allons permettre à celles et ceux qui feront leur première dose d’ici au 15 février de bénéficier d’un Pass vaccinal valide à deux conditions : bien faire leur deuxième dose un mois plus tard et, dans l’intervalle, justifier également d’un test négatif de moins de 24 heures ».
Rappelons qu’actuellement, un Pass sanitaire n’est délivré qu’une semaine après la seconde injection du vaccin Pfizer. Cette seconde injection a lieu dans un délai de 3 à 7 semaines après la première, selon le page « Mes conseils COVID » du ministère de la Santé, soit un délai incompressible de 4 semaines entre la première injection et l’obtention du Pass sanitaire transformé en Pass vaccinal.
Sur quelle base scientifique le gouvernement s’appuierait-il pour justifier la suppression de ce délai de 4 semaines entre la première dose et l’obtention d’un pass censé prouver que le produit injecté peut agir comme un vaccin ?
Cet exemple, un de plus, rappelle combien les décisions interpellent.
Car dans le même temps, le gouvernement annonce un relâchement des mesures en France à partir du 2 février : fin du masque obligatoire en extérieur, et fin des jauges pour les lieux recevant du public. Ceci ne peut que contribuer à favoriser les échanges et donc la circulation d’un virus de plus en plus contagieux. Ceci ne peut se comprendre que si l’objectif est d’arriver à atteindre l’immunité collective par l’infection d’une grande partie de la population au variant Omicron. Déjà 2 millions de personnes contaminées la semaine dernière sont en train d’acquérir cette immunité parce qu’elles seront guéries de la COVID-19. La Réunion étant sous état d’urgence jusqu’au 7 février, elle pourrait déroger à ce relâchement des mesures de distanciation jusqu’à cette date.
Toute cette stratégie repose sur l’expérience du passage du variant Omicron dans la majorité des pays du monde, notamment en Afrique : un variant à l’origine de beaucoup moins de formes graves de la COVID-19. En Afrique du Sud, le taux d’occupation des lits de réanimation n’a pas dépassé 7 % pendant le passage de la vague Omicron.
Avec ce variant, les vaccins utilisés dans l’Union européenne ont montré qu’ils étaient loin d’être efficace à 100 %. Cette épidémie de variant Omicron touche autant les non-vaccinés que ceux qui le sont.
Dans ces conditions, pourquoi vouloir conditionner l’accès à des services publics à l’injection d’un produit dont il est clair qu’il ne protège pas de l’infection et de la transmission du variant désormais largement dominant de la COVID-19 ?
M.M.
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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