Santé

Gouvèrnman ramass mantèr : trou d’Sécu, sa pa nou lotèr

ATTAC Réunion revient à la charge sur l’atteinte au droit à la santé pour tous

Témoignages.re / 21 juin 2004

Pour le gouvernement, les Français sont les premiers responsables du déficit de la Sécurité sociale : par leur abus de soins de santé et leur irresponsabilité, ils ont plongé les finances de l’assurance maladie dans le rouge. ATTAC Réunion dénonce ces contre-vérités du gouvernement et relance le débat ce mercredi 23 juin à la MJC de Château-Morange à 18 heures 30, car les pratiques de cet ’État autoritaire’ mettent à mal le principe de démocratie et l’accès aux soins pour tous.

Les responsables d’ATTAC Réunion ont dénoncé hier les mensonges gouvernementaux utilisés pour faire passer le projet de réforme de l’assurance maladie. En effet, en payant - pour commencer - 1 euro de plus par consultation et 13 euros pour le forfait hospitalier, en faisant appel à un généraliste avant de se rendre chez un spécialiste, en payant le prix fort pour des médicaments que le gouvernement a choisis (en tant que prescripteur tout puissant) de ne plus rembourser, et enfin, en cotisant pour des mutuelles avides de profits jusqu’à la privatisation totale de notre système de santé, les Français seront des citoyens dociles.
"Il n’y a plus d’État démocratique, celui qui se caractérise par le partage des pouvoirs, mais bien un État autoritaire, car cela permet d’aller plus vite", ne peut que constater le vice-président d’ATTAC Réunion, Didier Bourse. Selon lui, le trou de la Sécu doit être relativisé car ses 8,4% sont bien loin des 20% de déficit de l’État. Et où sont donc passés les 2,7 milliards de taxes sur l’alcool, les 8 milliards sur le tabac et les 3 milliards sur l’automobile que le président de la République a promis d’utiliser pour combler le déficit de l’assurance maladie ?

Il y a toujours urgence

"Le trou serait bénéficiaire si l’État avait tenu ses promesses", constate par un simple calcul Dominique Flaugnadti, militante de l’association. "Le chantage à la délocalisation" conduit à des exonérations de charges patronales croissantes (11 milliards entre 1998 et 2002), alors que dans le même temps, la masse salariale s’appauvrit. Et heureusement que sur ce point, la solidarité et la volonté politique font le contrepoids à La Réunion.
Ainsi, face à l’incompréhension que suscitent les mesures paradoxales (baisse de l’impôt sur le revenu) d’un gouvernement qui sait où il veut nous emmener, Didier Bourse parle d’une "campagne gouvernementale odieuse", d’"un outil de guerre très fort" qui exerce une véritable "pression sociale sur les plus démunis".

Le remboursement à 100% : c’est possible

"On veut éviter la concertation, le débat national et procéder par ordonnances pour laisser le gouvernement légiférer", estime encore Bruno Flaugnadti, militant d’ATTAC, très attaché à la mission associative d’information. "Les 10.000 amendements déposés par le PS et le PC retardent l’échéance mais ne peuvent court-circuiter l’ordonnance". ATTAC, face à une précarité qui se généralise, à des mesures libérales qui touchent tous les secteurs, et au regard des particularismes réunionnais avec des retards conséquents dans de nombreux domaines, estime que "le remboursement des soins à 100% est utile et nécessaire".
Alors qu’au sein de l’association, un groupe de professionnels de santé travaille depuis longtemps sur la question de la réforme, qui ne date, selon elle, pas d’hier, le gouvernement fait abstraction du facteur prévention pourtant primordial. 85% des maladies sont dues au stress, à la malnutrition, aux situations sociales précaires.
Entre le MEDEF qui considère que la santé se traite comme l’automobile, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) qui estime que la protection sociale est un handicap et la Cour des Comptes qui accuse l’État d’être un mauvais payeur sans qu’il n’y ait de conséquence derrière, un réel projet citoyen doit s’établir rapidement pour faire barrage à ce libéralisme et préserver une politique de santé basée sur la solidarité. Tel est l’objectif d’ATTAC qui estime qu’"on nous leurre", et qui ne fait pas que de la "dénonciation" mais a bien des "outils de propositions". Elle vous invite nombreux à participer au débat de ce mercredi qui nous concerne tous et qui demande que l’on se mobilise "avant de mettre les gens devant le fait accompli comme dans d’autres pays d’Europe", comme le rappelle justement Dominique Flaugnadti.

Estéfany