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Les 7 députés et 2 sénatrices interpellent le chef de l’Etat
7 novembre 2023

Ce 2 novembre, les 7 députés de La Réunion (Nathalie Bassire, Perceval Gaillard, Emeline K/Bidi, Karine Lebon, Philippe Naillet, Frédéric Maillot, Jean-Hugues Ratenon) ainsi que les sénatrices Audrey Bélim et Evelyne Corbière Naminzo ont adressé un courrier à Emmanuel Macron, président de la République. Ils interpellent le chef de l’État sur une réglementation qui ne permet pas de lutter efficacement contre la consommation d’alcool, responsable de nombreux drames dans notre pays.
Monsieur le Président de la République,
Du 9 au 14 octobre 2023 s’est déroulée la sixième édition des Journées Sans Alcool (JSA), une campagne de prévention contre les addictions qui permet chaque année de prendre la mesure des conséquences néfastes de la consommation d’alcool et de drogues à La Réunion.
Monsieur le Président, à La Réunion la consommation d’alcool a des effets dévastateurs sur notre société et plus particulièrement sur les plus jeunes. La société réunionnaise est de plus en plus addictogène et 80 % des problématiques d’addiction s’installent chez les personnes concernées avant leurs 18 ans. Le taux de mortalité lié à l’abus d’alcool est deux fois supérieur au taux de l’hexagone. S’y ajoute la problématique des violences intrafamiliales dont la fréquence est doublée comparée au territoire hexagonal : la plupart de ces scènes d’horreur à La Réunion — précisément 90 % des cas — se jouent sur fond d’alcool.
Les réglementations actuelles, concernant la publicité des produits alcooliques, ne permettent pas de lutter efficacement contre la consommation abusive d’alcool et les problématiques qui en découlent, notamment en raison d’une taxation sur les alcools forts inégale à celle de la France hexagonale ce qui favorise la vente d’alcool à très bas prix dans notre territoire.
Monsieur le Président de la République, nous, neuf Parlementaires de La Réunion, souhaitons voir disparaître de l’espace public réunionnais les publicités poussant à la consommation d’alcool. Nous souhaitons aussi que soit revue la taxation prévue sur les alcools forts, les droits d’accises sont actuellement de 1834,42 euros/HLAP en France hexagonale alors qu’ils ne sont que de 38,1 euros/HLAP à La Réunion.
Aux côtés des professionnels de santé et des associations luttant contre les addictions, nous avons fait le choix de vous adresser ce courrier commun, témoin de la force de notre engagement transpartisan, et de notre volonté de combattre le fléau de l’alcoolisme dans notre département. Il est ici question de santé et de sécurité publiques.
Monsieur le Président de la République, rejoignez-nous dans cette lutte contre la souffrance.
Dans l’attente d’un retour favorable à nos demandes, nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de nos respectueuses salutations.
Les signataires
Mesdames et Messieurs les Députées et Députés de La Réunion :
Nathalie Bassire
Perceval Gaillard
Emeline K/Bidi
Karine Lebon
Philippe Naillet
Frédéric Maillot
Jean-Hugues Ratenon
Mesdames les Sénatrices :
Audrey Bélim
Evelyne Corbière Naminzo
Les Chagossiens et la nomination d’un nouveau Premier ministre britannique
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Messages
7 novembre 2023, 10:35, par Maillot Joseph Luçay
Les publicités pour l’alcool sur les espaces publics ont certainement une conséquences sur l’importance de la consommation d’alcool, mais si nous battons les records de consommation d’alcool mais aussi de drames liés à l’alcool à l’ile de la Réunion , c’est surtout en raison de la situation économique et sociale particulièrement difficile dans laquelle se trouve notre île .
N’oublions pas que près de 40% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté , que plus de 50% de nos jeunes de 18 à 30 ans sont au chômage et n’ont pas d’autres perspectives que rester chômeurs . La misère et le chômage de père en fils est une réalité à la Réunion et c’est probablement la raison pour laquelle beaucoup de réunionnais trouvent dans l’alcool un moyen de noyer leur souffrance .
La disparition des publicités pour l’alcool ne changera pas grand chose si on n’intervient pas sur les racines du mal , c’est à dire sur les raisons qui poussent les gens à consommer trop d’alcool .
Je suis pour ma part favorable à une telle mesure , mais elle devrait être nationale et être complétée par l’institution dune interdiction de circuler sur les lieux publics sous une forte emprise de l’alcool .
La circulation des individus ,même à pied ,en état d’ivresse devait être interdite et les policiers devraient pouvoir contrôler le taux d’alcoolémie de ceux qui ont un comportement qui laisse supposer qu’ils ont dépassé le taux d’alcoolémie autorisé . Le non respect de cette interdiction pourrait être puni par des amendes dont le montant pourrait varier en fonction du taux d’alcoolémie constaté ou par un autre type de peine à déterminer par le législateur .
Peut être qu’il faudrait également permettre à ceux qui sont alcooliques d’accéder à des centres de soins et de désintoxication . Il y a déjà des centres de désintoxication à la Réunion mais ce n’est pas suffisant .
Peut être qu’il faudrait également inclure dans les programmes scolaires plus d’informations sur les méfaits de l’alcool et sur la réglementation existante pour mieux sensibiliser les jeunes sur les conséquences de la consommation excessive d’alcool.