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Faire de la lutte contre la leptospirose une cause départementale
2 mai 2008, par

Faire de la lutte contre les rats et la leptospirose une cause départementale pour cette année : c’est ce que la Chambre d’Agriculture demande à l’ensemble des acteurs. Aux côtés des agriculteurs, les collectivités, les mairies, les acteurs du tourisme, le monde économique et les citoyens doivent agir. Car, comme le chikungunya, la leptospirose est un problème de santé publique et « un vrai fléau pour l’économie réunionnaise ».
N’attendons pas que le ciel nous tombe sur la tête, agissons maintenant. C’est un peu le message que la Chambre d’Agriculture s’évertue à faire passer auprès des acteurs locaux et de la population. A quoi sert-il de dératiser les champs si l’ensemble de l’île ne s’y met pas ? Comme le dit Jean-Yves Minatchy sur le ton de la plaisanterie, « il n’y a pas, à La Réunion, des rats des champs et des rats des villes ». D’où la nécessité de mettre en œuvre une action généralisée et coordonnée de l’ensemble des acteurs : collectivités locales, mairies, agriculteurs, acteurs du tourisme, monde économique, etc... Le président de la Chambre verte ne demande ainsi que l’application de la circulaire du 9 août 1978, qui impose de « lutter par tous les moyens appropriés contre les rongeurs ». Il s’est adressé, il y a 3 semaines, aux maires pour que les produits soient mis à disposition de la population dans les mairies annexes et dans les antennes de la Chambre d’Agriculture. Jean-Yves Minatchy a salué l’initiative de Hugette Bello à Saint-Paul. Il attend que les autres municipalités suivent cet exemple. « Notre cri d’alarme s’adresse à tous les politiques sans exception », insiste-t-il. Jean-Yves Minatchy a même prévu d’écrire aux ministères concernés pour que la lutte contre la leptospirose soit déclarée cause départementale, et pour que les moyens de la lutte soient mis à disposition.
La prolifération des rats est néfaste pour la santé mais aussi pour l’économie. En 2007, 48 cas ont été déclarés à la DRASS, il y eu 3 décès. Pour cette année, alors que nous en sommes qu’au 5ème mois, précise Jean-Yves Minatchy, 30 cas sont déclarés, et il y a déjà eu 2 décès. L’impact sur les plantations de cannes, cette fois, est estimé à 10 à 15% de perte. Pour le maraîchage, ce sont 30% de plants perdus. Dans l’élevage, les rats s’attaquent aux stocks d’aliments pour bétail. Les agricultures sont ainsi les plus exposés au risque de maladie, mais aussi à l’impact sur leur activité. Et les autres secteurs, selon Jean-Yves Minatchy, ne peuvent prétendre être épargnés. A commencer par le secteur que La Réunion cherche à relancer : le tourisme. « L’IRT est tout aussi concerné que nous. Quand un touriste vient, il veut voir le paysage. Et les stations balnéaires. N’y a-t-il pas de rats ? », demande le président de la Chambre d’Agriculture. C’est cette incohérence que ne comprennent pas les agriculteurs : la volonté de développer La Réunion, mais une incapacité à réagir immédiatement aux problèmes qui mettent en péril le développement. « La Réunion 2030, La Réunion Ile Verte, le Grenelle de l’Environnement, le projet GERRI... va-t-on faire le développement durable avec les rats » ?, interroge Jean-Yves Minatchy.
Les agriculteurs attendent des réponses, et surtout que celles-ci se transforment en actions.
Edith Poubassia
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