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25 novembre 2020, par

A l’OMC, ces deux pays ont proposé une solution innovante pour lutter contre la pandémie du COVID-19 : mettre fin aux brevets, et donc faire du potentiel vaccin un bien commun mondial. Cela va dans le sens contraire de ce qui se fait actuellement, et pourrait potentiellement mettre fin, tout du moins temporairement aux intérêts privés qui protègent actuellement les grands groupes pharmaceutiques.
Cette proposition de l’Afrique du Sud et de l’Inde, appuyée par Médecins Sans Frontières répond notamment aux déclarations d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne et d’Emmanuel Macron parlant du futur vaccin comme devant être un futur « bien public mondial ». Seulement, comme attendu, ces déclarations de notre président et de celle de la Commission Européenne ne sont pas suivis d’actes.
En effet, en octobre, l’eurodéputé communiste Marc Botenga, issu du parti du Travail de Belgique avait interrogé la Commission Européenne le même principe de mettre fin aux brevets exclusifs sur les vaccins dans la période. La réponse malheureusement attendue garantit aux grands laboratoires pharmaceutiques qu’ « un système efficace de propriété intellectuelle est crucial pour garantir les incitations au développement de vaccins innovants ». L’Union Européenne et la France auraient pu être l’exception, ils sont malheureusement la norme parmi les puissances occidentales.
En l’état actuel, la résolution des deux pays, présentée le 20 novembre est appuyée par 99 Etats sur un total de 164. Pour faire aboutir leur proposition, l’Afrique du Sud, allant à contrario de ce qu’il se fait habituellement au sein de l’OMC, où le consensus est la norme, a prévenu qu’elle proposerait en cas de refus de certains États un vote sur la question. Vote qui aurait de fortes chances d’aboutir, étant donné qu’il n’y aurait besoin que du soutien d’une vingtaine de pays supplémentaires.
Si l’Afrique du Sud, comme les 98 autres pays qui les soutiennent sont autant attachés à cette fin de la suspension de la propriété intellectuelle, c’est bien parce qu’un réel problème se pose sur la question à l’accès d’un traitement ou d’un vaccin efficace contre le COVID-19 de par le monde.
Ainsi, la fin des brevets pourrait par exemple permettre de développer des génériques, bien moins coûteux pour la population.
Cette suspension des brevets ne serait pas non plus une première. En 2001, au plus fort de l’épidémie de VIH/SIDA, la da « Déclaration de Doha sur les ADPIC et la santé publique » avait déjà permis aux Etats d’abolir les brevets, ceci afin de défendre efficacement la population et ce malgré le lobbying des industries pharmaceutiques qui cherchent à faire toujours plus de profits.
L’intérêt commun a pu faire en sorte que 99 Etats soutiennent aujourd’hui cette résolution qui met à mal toute l’idéologie capitaliste qui fait, pour l’industrie pharmaceutique comme pour l’ensemble de l’économie la propriété intellectuelle comme étant l’alpha et l’oméga de toute innovation. Si cela a pu être possible il ne nous reste qu’à faire plier le reste des Etats, en premier lieu la France. A nous de pousser collectivement le gouvernement à prendre des mesures allant à l’encontre de leur idéologie, mais qui pour le bien commun fera des traitements et vaccins contre le COVID-19 un bien public mondial.
Mathieu Raffini
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