Santé

L’efficacité de la réforme triplement contestée

Après Bercy et la CNAM, maintenant l’OFCE

Témoignages.re / 9 juillet 2004

Une nouvelle fois, l’efficacité du projet de “réforme” de l’assurance maladie proposé par Philippe Douste-Blazy est contestée. Cette fois, c’est l’Observatoire français des conjonctures économiques qui sonne la charge...

Et un, et deux, et trois zéro. Après les attaques du Ministère des Finances, après celles de la caisse nationale maladie (CNAM), voilà un autre organisme qui met en cause l’efficacité de la réforme de l’assurance maladie, telle que voulue par Philippe Douste-Blazy.
L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) n’y va pas par quatre chemins : "Il est vraisemblable qu’à partir de 2007-2008 on reparlera de crise de l’assurance-maladie", écrit-il dans son rapport. Cet institut d’études économiques conteste donc les effets de la réforme de l’assurance maladie et remet le gouvernement à sa place.
Il explique pourquoi le plan Douste-Blazy, ne pourra pas résorber le déficit de “la Sécu”. À très court terme, l’équilibre pourrait être atteint, car "les dépenses ne suivent qu’avec retard le retour de la croissance", mais celle-ci "apporte un surcroît de recettes".
L’analyse à moyen terme est beaucoup plus critique et reprend les schémas développés par la CNAM. En effet, le gouvernement a décidé d’agir à la fois sur la baisse des dépenses (l’euro non remboursable à chaque acte médical, baisse des remboursements, etc) et la hausse des recettes (l’augmentation de la CSG pour tous, reconduction de la RDS etc.).
Mais tout cela, explique l’OCDE, "ne permettra pas de résorber le déficit structurel courant, évalué à 9 milliards d’euros". Pas plus que la modification du comportement des usagers de la “Sécu” - assurés comme professionnels de santé - ne permettra de le faire baisser.
Voilà qui remet encore un gros pavé dans la mare douste-blazienne, puisque c’est sur ce postulat qu’il entendait bâtir son “redressement”.
Par ailleurs, l’OFCE estime que "les mesures structurelles ne devraient pas avoir d’impact très sensible à moyen terme. (...) L’absence de remise en cause des principes de base de la médecine libérale à la française permet de douter que les objectifs d’économies puissent être durablement atteints".

D. B.