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La Réunion subit « un haut niveau de transmission »
2 mai 2025, par

Les nombres de consultations et de passages aux urgences semblent se stabiliser voir amorcer une baisse, selon Santé publique France, qui atteste que l’épidémie est loin d’être terminée.
Le niveau de transmission qui reste élevé, mais une stabilisation des consultations en ville et une baisse des passages aux urgences s’observent. Après dix semaines de hausse continue, l’épidémie de chikungunya commence à montrer des signes de reflux, a indiqué le 30 avril Santé publique France (SpF).
Stabilité observée
En médecine de ville, l’activité liée au chikungunya reste à « un niveau très élevé », avec plus de 23 300 consultations estimées dans l’île du 21 au 27 avril et plus de 160 000 depuis début 2025, selon le dernier bilan de SpF. La situation reste stable par rapport à la semaine précédente (23 230 consultations).
Le nombre de cas confirmés comptabilisés a aussi diminué, passant de 5542 à 3245 en une semaine. Ce nombre est encore provisoire et pourrait augmenter, a précisé SpF. En effet, ces chiffres ne reconcernent pas l’ensemble des cas, mais seulement ceux confirmés par une analyse biologique.
Depuis le début de l’année, près de 120 000 personnes ont été contaminées par le virus transmis par le moustique tigre , selon les estimations de l’ARS. Cependant, de nombreux Réunionnais(e)s ne se sont pas rendus à l’hôpital ou chez le médecin pour se soigner, n’entrant pas dans les statistiques officielles.
Taux d’hospitalisation stable
À l’hôpital, la dynamique de l’épidémie varie d’une zone à l’autre avec « une diminution des passages aux urgences dans le sud (mais à un niveau toujours élevé), dans l’ouest et l’est, et une tendance à la stabilisation dans le nord ».
332 passages aux urgences pour chikungunya ont été comptabilisés pour la semaine du 21 avril, en baisse de 15% par rapport à la semaine précédente. Selon Santé Publique France, entre les deux semaines « le taux d’hospitalisation était stable à 21% », a souligné l’agence sanitaire.
Depuis le début de l’année, 2139 passages aux urgences dus au chikungunya ont été recensés dans les quatre hôpitaux de l’île. 59% de ces passages correspondaient à des passages adultes (18 ans et plus), 41% à des passages pédiatriques.
Neuf décès liés au chikungunya ont été enregistrés par l’agence sanitaire depuis le début de l’année, il s’agit de personnes âgées de plus de 70 ans porteuses de comorbidités. Vingt autres décès, dont celui d’un nourrisson, sont en cours d’investigation, selon le nouveau bilan.
57 cas graves ont été signalés, principalement chez des plus de 65 ans avec des comorbidités et des nourrissons de moins de trois mois.
Vaccination suspendue pour les plus de 65 ans
Face à cette épidémie généralisée et majeure, une campagne de vaccination a été lancée début avril, avec le premier vaccin contre le chikungunya à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe et le feu vert des autorités sanitaires en France : le Ixchiq (Valneva).
Cependant, les plus de 65 ans en ont été exclus le 26 avril « sans délai », après trois « événements indésirables graves », dont un décès, chez des personnes de plus de 80 ans récemment vaccinées.
Quelque 3000 personnes ont été vaccinées contre le chikungunya à La Réunion, selon des chiffres annoncés le 22 avril au président Emmanuel Macron en visite sur l’île.
Une mauvaise gestion de la crise par les autorités
« Monsieur le ministre, cette crise a été mal gérée, cette épidémie a été sous-estimée, les Réunionnais ont été abandonnés », a ainsi lancé mercredi à l’Assemblée nationale la députée réunionnaise Karine Lebon (GDR) au ministre de la Santé Yannick Neuder.
« Comment encore croire les autorités alors que l’ARS avait juré que le vaccin était sans risque ? », a-t-elle demandé. « Vous savez (que le vaccin) n’avait pas prouvé son efficacité en vie réelle : après les singes, voilà les Réunionnais comme cobayes », a accusé Jean-Hugues Ratenon (LFI).
« Je ne peux pas vous laisser dire que la population de La Réunion sert de cobaye », a répliqué le ministre, rappelant les feux verts scientifiques et la surveillance des effets indésirables mais épinglant « l’obscurantisme ». Face au « désarroi du peuple réunionnais », « nous avons une obligation de moyens » contre le chikungunya, a-t-il assuré.
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