Santé

L’Ivermectine et la Covid-19

Un médicament efficace contre le coronavirus pas utilisé car il ne rapporte rien à l’industrie pharmaceutique

Bruno Bourgeon / 28 avril 2021

L’Ivermectine est un médicament qui a prouvé son efficacité en traitement préventif et curatif précoce du coronavirus. Utilisé depuis une trentaine d’années pour soigner d’autres pathologies, il est dans le domaine public. Cela signifie que l’industrie pharmaceutique ne peut imposer ses tarifs, et que le prix de ce médicament le rend accessible à tous. Pourquoi ce médicament ne fait-il pas l’objet d’une large diffusion ? Réponse dans ce courrier des lecteurs.

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Dans l’arsenal du traitement ambulatoire précoce (TAP), il est une molécule qui a pris une place particulière : l’Ivermectine. C’est un médicament utilisé à l’origine par les vétérinaires pour les parasitoses animales et certaines viroses. Il a été transposé à l’homme pour la gale ou l’onchocercose (cécité des rivières), depuis une trentaine d’années : 4 milliards de prescriptions selon les données de l’OMS, soit 100 millions par an. Peu d’effets secondaires : 4600 cas recensés versus 180 000 pour l’aspirine par exemple, toujours selon l’OMS. 0,0001 %. Autant dire rien. Même en prise répétée.

Dans la Covid-19, le médicament a été utilisé en préventif : en Argentine, sur 1200 soignants au contact du Covid, 800 ont reçu le traitement et 400 aucun. Après 2 mois et demi, 0 contamination dans le premier groupe, 237 dans le second. Une douzaine d’études dans le monde aboutissent à des résultats très significatifs, entre 85 et 100% de personnes traitées en préventif non contaminées. Au Mexique, l’État du Chiappas a distribué il y a 9 mois l’Ivermectine à sa population : quatre fois moins de morts que dans les 29 autres États du pays. L’Inde a vendu 120 millions de kits en pharmacie. : 12 décès pour 100 000 habitants quand la France est à 150. C’était avant la flambée actuelle liée au variant « indien ».

En curatif, il existe une soixantaine d’études. 80% disent que l’Ivermectine en phase précoce, seule ou en association avec un antibiotique à large spectre, diminue les troubles en moitié moins de temps que le placebo. Selon ces mêmes travaux, la mortalité chute de 75%. De nombreux experts, au Royaume-Uni (comme Andrew Hill, microbiologiste à l’Université de Liverpool, et auteur d’une méta-analyse qui fait autorité, regroupant 18 études et 2244 patients, avec comme résultats une augmentation de survie de 48 à 88%), ou aux États-Unis, défendent l’Ivermectine. Mais il y a probablement un petit complexe de supériorité occidental par rapport aux pays prescrivant ce médicament et n’ayant pas ou peu accès au vaccin : outre le Mexique, on peut citer le Nigéria (où le confinement est une vue de l’esprit), le Pérou, la Bolivie ; ces pays travaillent pourtant mieux que nous en testant tout, dans toutes les conditions, alors qu’en France nous ne faisons quasiment plus de recherche. Ou une recherche trop tardive, hospitalière, où, dans l’histoire naturelle de la maladie, le virus a déjà disparu, et n’est plus directement responsable des symptômes.

De plus, on assiste à une dérive dans l’analyse des études scientifiques : on regarde la méthodologie mais pas le résultat. Quand vous avez 3532 personnels soignants traités en prophylaxie dans un hôpital indien et une chute de 85% du risque de contamination, c’est convaincant. Qu’il y ait des biais et des défauts, certes, mais le résultat est là. Il n’y a que trois études qui concluent à son inefficacité : ils se trouve qu’elles concernent un public jeune qui guérit tout seul. Ce n’est pas significatif. Et donc, Reacting Inserm, l’organisme qui autorise les recherches médicales, a refusé de considérer l’Ivermectine. L’Inserm s’est intéressé à une étude in vitro qu’elle a critiquée. On n’en est plus là : on ne parle plus d’éprouvettes, mais de malades.

Médicament dans le domaine public : coût dérisoire

Ajoutons que le coût est dérisoire comparé aux bénéfices éventuels. Ce n’est pas un nouveau médicament qui réclamerait de longs essais cliniques. On connaît cette molécule. Il suffirait de prendre 1000 ou 2000 personnes positives sur les 25 000 journaliers pour conduire une étude. Pourquoi s’en priver ? Notez que la France a refusé de refaire les études de Didier Raoult sur l’hydrochloroquine et s’en est tenu à des publications étrangères. Curieux état d’esprit.
Merck, le Laboratoire créateur de l’Ivermectine, a critiqué sa molécule dans la Covid. Or il ne consacre que deux lignes aux Covid dans son communiqué de 2 pages et ne cite aucune étude. Il se contente de rappeler les effets secondaires dont on a vu qu’ils étaient proches de zéro. Pourquoi Merck fait-il cela ? Il ne veut pas être dans la situation d’avoir à produire en grande quantité un médicament tombé dans le domaine public et qui ne lui rapporte rien. Dans les années 80, il avait ainsi été obligé de produire gratuitement des dizaines de millions de doses pour lutter contre l’onchocercose. De plus, il collabore avec Johnson & Johnson sur leur vaccin et développe 2 médicaments anti-Covid. Vendre un produit à 1000 euros la dose plutôt qu’à 10 euros, c’est plus intéressant. En France, seulement 5% de l’Ivermectine prescrite vient de Merck, 95 % sont des génériques. Des milliards de dollars sont en jeu. Faute d’avoir une recherche publique solide, on s’en remet aux Laboratoires. Et ce problème n’est pas que français.

Prescription de l’Ivermectine possible

Peut-on prescrire de l’Ivermectine en France aujourd’hui ? Oui ! Un médecin peut prescrire un médicament hors de son champ initial d’autorisation de mise sur le marché (AMM) quand il n’y a aucune alternative, qu’il ne fait pas prendre de risques aux patients, et qu’il justifie d’une présomption d’efficacité. Le patient doit être informé des avantages et des risques et que la prescription est « hors AMM ». Si on respecte tout cela, on a le droit de prescrire. L’ANSM vient de le rappeler récemment dans le cadre d’une procédure en référé devant le Conseil d’État. Une Recommandation temporaire d’utilisation (RTU) de l’Ivermectine a été demandée à cette agence. La réponse a été négative.
Le gouvernement ne s’est pas impliqué dans l’interdiction de prescription de médicaments anti-Covid. Il s’en garde bien, car dans le cas de l’hydroxychloroquine, deux décrets ont été passés en avril 2020 qui interdisaient aux pharmaciens de le délivrer, mais pas aux médecins de le prescrire. Le résultat est le même. De son côté, l’Ordre des médecins ne respecte pas la loi et convoque les médecins en conseil de discipline. Cette pression, hélas, marche et tétanise les généralistes, qui se trouvent exclus de la démarche de soins. C’est l’une des fautes majeures dans la gestion de cette crise sanitaire.
Actuellement il devient interdit d’exprimer un discours autre que celui de l’autorité, même si celle-ci se trompe, même si les propos sont argumentés, sérieux, scientifiques, basés sur des faits indiscutables. Si on avait donné sa chance à l’Ivermectine, on n’aurait pas eu de seconde vague et on aurait économisé des milliards. Il n’est pas trop tard pour le prescrire. L’Ivermectine ne fait pas concurrence au vaccin, l’un est curatif, l’autre préventif. Ils se complètent. Il en est de même pour tous les autres médicaments du TAP. Pourquoi, grands dieux, les interdire et fustiger leurs prescripteurs ?

Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID
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