Lutte contre la dengue

La CGT outre-mer contre le transfert des compétences

13 septembre 2007

L’intersyndicale CGT outre-mer (Guadeloupe, Martinique et Réunion) a demandé le 11 septembre, à Paris, à la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de « suspendre » le transfert de l’Etat vers les Conseils généraux des services de lutte contre les moustiques vecteurs de la dengue. 
Ce transfert est prévu depuis le vote de la loi de décentralisation de 2004. 


« À ce jour, les Conseils généraux ne sont pas prêts à accueillir humainement et techniquement » ces transferts, a déclaré Luc Rotardier, Secrétaire général de la CGT-DSDS (Direction de la Santé et du Développement social) de Martinique, en soulignant qu’il « n’existe pas de cadre d’emploi pour accueillir les agents de la filière du Génie sanitaire ». 
« Nous demandons un report de 2 ans afin que le Conseil général puisse nous accueillir convenablement et que les agents soient moralement, physiquement prêts pour ce transfert », a-t-il dit.
« Le travail des agents de l’Etat est de lutter contre les moustiques en tant que vecteurs de maladies telles que la dengue ou le paludisme, alors que le Conseil général a simplement pour rôle d’éviter les nuisances aux touristes », a-t-il expliqué. 
Pour ce qui concerne la dengue, il a été décidé ces derniers jours de passer en phase 3 de pré-alerte épidémique en Martinique. La dengue est une fièvre tropicale transmise par le moustique Aedes Egypti, pour laquelle il n’existe aucun vaccin, ni traitement spécifique et qui devient mortelle quand elle prend une forme hémorragique. 

« Le Conseil général n’aura pas les moyens de mener cette politique, car il s’agit d’une collectivité endettée et sous tutelle », a affirmé pour sa part Pierre Anastase (CGT-DSDS Guadeloupe). 
« Nous avons actuellement 58 agents sur le terrain, alors qu’en 1983, lorsque le service a été transféré à l’Etat, nous étions 121 », a-t-il dit. « Depuis le 8 février 2007, les agents sont en grève d’écriture, ce qui empêche les données de remonter au ministère ». 
« Le passage de la tempête tropicale Dean au mois d’août a provoqué une prolifération de moustiques, mais ceux-ci ne sont pour l’instant pas vecteurs de maladie », a-t-il expliqué. Pierre Anastase a dénoncé une situation sanitaire « très inquiétante » en Guadeloupe, en raison principalement de l’accumulation de déchets ménagers, d’objets encombrants et de carcasses de voitures sur toute l’île.


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus