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11 août 2020, par

Préservée du coronavirus grâce à la fermeture de son aéroport aux vols commerciaux, y compris de France, la Polynésie est aujourd’hui touchée par une première vague de COVID-19. C’est la conséquence de la réouverture de l’aéroport aux vols commerciaux depuis le 15 juillet. Le test 3 jours avant l’embarquement et l’autotest à J+4 ainsi que le respect des mesures « barrière » n’ont pas fait preuve de leur efficacité. Cette situation doit interroger, car c’est quasiment le même protocole sanitaire qui est appliqué à La Réunion.
Entre le 10 mars et le 26 juin, la Polynésie avait annoncé 62 cas de coronavirus dont 32 cas importés et 0 décès. Ce résultat était la conséquence de la fermeture des aéroports aux vols commerciaux en provenance des pays infectés, puis par l’arrêt des liaisons aériennes à l’exception des vols de rapartriement.
Collectivité de la République française, la Polynésie a un niveau d’autonomie lui permettant de prendre elle-même les décisions visant à protéger la population des cas importés de coronavirus. C’est pourquoi durant la période où seuls étaient autorisés les vols de rapatriement de Polynésiens depuis la France, les passagers devaient passer deux semaines de quarantaine dans un hôtel afin de s’assurer qu’un cas importé ne puisse contaminer son entourage. Cette mesure a été remise en cause par un recours de passagers estimant que la protection de la population ne mérite pas cet acte de solidarité de deux semaines.
Mais sous la pression des intérêts économiques, le gouvernement de Polynésie a réouvert l’aéroport le 15 juillet aux touristes en provenance de France et des Etats-Unis notamment. Des mesures drastiques avaient été prévues :
« L’obligation de présenter un résultat négatif au test de détection du génome du SARS-CoV-2 pour un dépistage du covid-19, (RT PCR), pratiqué dans les 3 jours précédant le vol ;
L’obligation de réalisation d’un test de surveillance par auto-prélèvement 4 jours après l’arrivée en Polynésie
L’obligation de s’enregistrer sur une plateforme informatique, intitulée « Electronic Travel Information System » ou E.T.I.S., dans laquelle le passager indiquera sa résidence, pour les résidents polynésiens, ou son parcours en Polynésie française pour les touristes. Cette plateforme entrera en vigueur le 11 juillet prochain, trois jours avant la reprise du tourisme international. »
Toutes ses précautions n’ont pas suffi à protéger la Polynésie d’une véritable première vague de contaminations.
Un communiqué des autorités sanitaires de la collectivité annonce ceci :
« 50 cas ont été confirmés depuis le 15 juillet 2020. Tous les cas sont en isolement strict dont 3 en centre dédié à Tahiti. Un patient avec facteur de risque de gravité a été hospitalisé.
Parmi les 50 cas, 10 cas ont été contaminés à l’étranger et 38 cas ont été contaminés localement au contact de cas confirmés ; pour 2 cas, aucun lien épidémiologique avec d’autres cas n’a pour l’instant été retrouvé. »
Tahiti News indique que sur ces 50 nouveaux cas, 47 ont été révélés rien que pour le week-end dernier.
Cette brusque flambée est la conséquence de la réouverture de l’aéroport aux vols commerciaux en provenance de pays infectés. La Polynésie paie donc le prix sanitaire de la satisfaction d’intérêts économiques à court-terme.
M.M.
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