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Etude de l’Agence régionale de Santé
9 novembre 2018

A La Réunion, un décès sur six est causé pour l’alcool. Une étude de l’Agence régionale de Santé étudie cette question de santé publique sur la base de données récoltées en 2014. Voici des extraits de cette étude avec des intertitres de Témoignages.
« Largement répandue et banalisée à La Réunion, la consommation excessive d’alcool fait peser de réels risques sur la santé des hommes et des femmes. Aujourd’hui, un Réunionnais sur 10 boit de l’alcool tous les jours, à l’occasion de repas ou d’apéritifs par exemple, sans qu’il soit nécessairement question d’ivresse ou de dépendance.
La Réunion figure parmi les régions françaises où l’alcool tue le plus, derrière Le Nord et la Bretagne, avec près d’un décès sur 6 chaque année. Pour les individus concernés, et aussi pour leur entourage, il peut être difficile de savoir où se situe la frontière entre une consommation raisonnable, récréative et une consommation abusive toujours dangereuse.
L’alcool à La Réunion concerne l’ensemble de la population, directement ou indirectement : nombre de passages aux services d’urgence, accidentologie routière, violences intrafamiliales, etc. Sur le territoire réunionnais, la consommation déclarée d’alcool concerne proportionnellement moins d’individus qu’en métropole, de même que la quantité d’alcool pur mise à la consommation par habitant. Cependant, sur la période de 2012 à 2014, sont observés deux fois plus de décès liés à l’alcool à La Réunion qu’en France métropolitaine. L’usage à risque chronique de l’alcool, 21 verres/semaine pour les hommes et 14 pour les femmes, est moins fréquent qu’en métropole (5,1 % contre 7,5 %) mais la consommation moyenne pour cette population est estimée à 36 verres par semaine à La Réunion contre 26 verres en métropole. La population réunionnaise déclare toutefois être correctement informée des dangers liés à l’alcool.
Chez les hommes de 19 ans ou plus, un facteur revient, quelle que soit la mesure de consommation considérée : l’isolement. Chez les femmes de 19 ans ou plus, ce sont le revenu ou la perception qu’elles en ont qui ressortent davantage. Si les résultats diffèrent par mode de consommation, plusieurs facteurs reviennent avec persistance d’une mesure de consommation à l’autre et d’une population étudiée à l’autre.
Concernant la consommation régulière d’alcool, chez les hommes adultes ayant une consommation hebdomadaire, quotidienne ou à risque, deux facteurs sont mis en évidence : avoir un revenu supérieur à 2 010 euros par mois par unité de consommation et le fait de vivre seul. Pour les femmes adultes, l’analyse conduite a mis en exergue plusieurs facteurs : le fait de disposer d’un revenu croissant au-delà de 632 euros par mois par unité de consommation, d’être en bonne santé et d’avoir quelques problèmes de sommeil.
Pour les épisodes d’ivresse (au moins trois états d’ivresse), les facteurs associés font apparaître un profil similaire pour les hommes et les femmes et un second, plus spécifique, pour les hommes. Pour les femmes, le fait d’être âgée entre 19 et 29 ans, de gagner plus de 2 010 euros par mois par unité de consommation et d’avoir un diplôme supérieur à un bac+2 augmentent l’exposition à des états d’ivresse répétés dans l’année, mais également le fait d’avoir connu des épisodes dépressifs majeurs à moyen ou sévère retentissement. Pour les hommes, ce premier profil est similaire à celui des femmes au niveau du revenu, des diplômes et de l’âge.
Le deuxième profil concerne les hommes réunionnais ayant un revenu compris entre 632 et 1 220 euros par mois par unité de consommation et sans diplôme qualifiant. À l’instar des femmes, des facteurs associés à une plus forte proportion comme le fait de ne pas prendre soin de sa santé ou pas dans les détails et d’avoir pensé au suicide. Le fait de vivre seul, chez les hommes, est à nouveau un facteur associé.
Enfin, la consommation abusive d’au moins 6 verres lors d’une même occasion au moins une fois par mois est associée à deux groupes de facteurs propres à chaque sexe mais également plus complexes à interpréter. Chez les hommes, le fait d’avoir entre 19 et 24 ans ou entre 30 et 34 ans, de vivre seul, de vivre dans un appartement chez un particulier/dans une maison, de ne pas avoir de problème de santé chronique ou durable, d’être limité (mais faiblement) par un handicap et d’avoir quelques problèmes de sommeil augmentent avec la consommation abusive fréquente d’alcool. Un facteur, commun aux femmes, ressort également : celui de ne pas prendre particulièrement soin de sa santé. Chez les femmes, le profil est plus simple avec un second facteur lié à nouveau au revenu : estimer qu’il ne permet pas d’y arriver sans s’endetter.
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