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“Questions d’actualité” de Radio Réunion sur le chikungunya
2 février 2006

Hier dans l’émission “Questions d’actualité” de Radio Réunion, Nadia Tayama recevait André Yebaquima, entomologiste et chef du service de démoustication de Martinique et Jean-Michel Probst, directeur de l’association Nature et Patrimoine. Sollicité par les autorités sanitaires locales, André Yebaquima vient ’pour essayer de donner un coup de main fort à La Réunion’, soulignant l’urgence de la situation.
S’il connaît mieux l’Aedes aegypti pour l’étudier depuis près de 20 ans, en revanche, l’Albopictus, fortement suspecté d’être le vecteur du chikungunya à La Réunion, il ne le connait pas "de manière très profonde". André Yebaquima assure seulement que la famille des Aedes rassemble des moustiques dits domestiques ou péri-domestiques, signifiant ainsi que "l’Homme est le premier responsable de son maintien". Maintenant, à savoir si l’Aedes albopictus est le seul vecteur ou si l’Aedes aegypti est aussi impliqué, il semblerait que les deux transmettent l’épidémie, mais le spécialiste tout juste arrivé est encore "réservé sur la connaissance de ces moustiques". L’information de la population, la participation communautaire et la lutte chimique restent selon lui les trois piliers de la lutte anti-vectorielle.
L’heure n’est pas au débat
Sur la question des produits chimiques, malheureusement Jean-Michel Pobst a eu très peu de temps pour s’exprimer. Il estime impératif de mettre des médecins, des entomologistes, des arbovirologues, des spécialistes des produits de désinsectisation, de la faune et de la flore à disposition de la connaissance. "Quand il y a un cyclone, on reçoit des bulletins d’informations réguliers... là pas." Il faudrait également diffuser des cartes actualisées de répartition des Aedes, des quartiers à risque.
Pour le chef du service de démoustication de Martinique, comme "l’épidémie est généralisée, que toute l’île est concernée" (sans distinction de communes), les opérations de démoustication doivent effectivement se multiplier partout et "toutes les couches de la population doivent se mobiliser". L’épidémie de dengue est endémique aux Antilles, "on fait avec", souligne André Yebaquima, sous-tendant que La Réunion est loin d’en avoir fini avec le chikungunya. Enfin, des échanges peuvent être organisés, mais "dans pareille situation", face à l’urgence, l’heure n’est pas selon lui au débat relatif au matériel utilisé, mais à l’action.
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