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Réforme de l’assurance maladie
12 février 2005

Avec l’obligation de choisir un médecin traitant, la réforme de la Sécurité sociale nécessite beaucoup de pédagogie. C’est ce qu’on fait ses responsables réunionnais hier, en conférence de presse.
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Certains ont déjà peur de devoir passer la bague au doigt de leur médecin... Non, assure Olivier de Cadeville, directeur de la Caisse générale de sécurité sociale de La Réunion, la réforme de l’assurance maladie n’empêchera personne de changer de médecin.
Tout au plus, explique-t-il, il s’agit de "soigner mieux en dépensant mieux, et pas forcément en dépensant moins". On ne demande qu’à le croire. Mais dans un contexte de régression des acquis sociaux, cette réforme de l’assurance maladie et la nouvelle convention médicale font peur. Tel patient s’imagine qu’avec le médecin traitant obligatoire, il n’aura plus le droit de changer de docteur ; telle autre croit qu’avant de prendre rendez-vous chez un gynécologue, elle devra demander la permission à un généraliste.
Ce vendredi en conférence de presse, les responsables de la Sécurité sociale réunionnaise, en bons pédagogues, ont démonté point par point ces malentendus (lire notre encadré) . Ils ont fidèlement répercuté aux journalistes les thèmes majeurs de la “maîtrise médicalisée des dépenses” : instaurer le médecin traitant obligatoire, remplacer les médicaments coûteux par les génériques, prescrire moins d’antibiotiques, créer le dossier médical partagé, qui permettra à tout médecin (autorisé par le patient) à avoir accès aux informations. Une mesure qui devrait éviter les analyses, radiographies et examens redondants.
L’esprit louable de la réforme risque de se heurter à quelques écueils pratiques. Ainsi en va-t-il de la volonté affichée de mieux contrôler les arrêts de travail, en réagissant dès le 60ème jour d’arrêt, et en surveillant les arrêts répétitifs. Selon Patrick Visticot, médecin conseil chef, 1.300 contrôles sont effectués chaque année à La Réunion. Un renforcement des contrôles sera-t-il possible sans renforcer le personnel de la “Sécu” ? Chacun sait que les recrutements ne sont pas dans l’air du temps...
Autre mesure destinée à effectuer des économies : sur chaque consultation, le patient doit payer un euro de sa poche. Mais comme la majorité des Réunionnais bénéficient du tiers-payant, ils ne déboursent rien chez le médecin. Leur “dette” est simplement inscrite dans un ordinateur de la “Sécu” ; ils la paieront lors d’un prochain remboursement. Même si cette dette est plafonnée à 50 euros maximum par an, la surprise risque d’être mal vécue.
Certains chiffres donnent le tournis. Ainsi, le Dr Visticot annonce "455 millions d’économies potentielles" en France si les médecins se montrent moins conciliants pour signer des papiers d’affections de longue durée (ALD). Chacun sait qu’une ALD permet un remboursement à 100% par la “Sécu”. C’est bien pratique pour ne rien payer à la pharmacie... et de nombreux médecins, désireux de garder leur clientèle, posent des signatures de complaisance pour de fausses ALD.
Ces dérives, universellement connues et avouées en privé par les médecins, peuvent être combattues si tout le monde (patients, médecins et sécurité sociale) parle le même langage. Mais là encore, rien n’avancera si les services de la “Sécu” ne disposent pas des effectifs nécessaires pour les contrôles.
Nastassia
An plis ke sa
o Le médecin traitant est obligatoire pour les adultes. Ce peut être un généraliste ou un spécialiste, choisi par le patient. Il soigne le patient, et en cas de besoin l’oriente vers un (autre) spécialiste.
o Le formulaire de déclaration est expédié par la caisse de sécurité sociale aux patients. Déjà 109.000 formulaires ont été envoyés aux Réunionnais, 1500 sont revenus complétés.
o Le gynécologue, l’opticien et le dentiste peuvent être consultés sans l’avis préalable du médecin traitant.
o Si le médecin traitant est en congé, le patient pourra consulter un autre médecin sans surcoût.
o Un patient peut changer de médecin traitant : il doit seulement le déclarer.
o Les antibiotiques ne doivent plus être automatiques : leur abus entraîne une résistance des bactéries, et par conséquent des maladies.
o 300 millions d’euros, sous forme de revalorisation des tarifs, sont injectés en 2005 en honoraires pour les médecins. Si ceux-ci réalisent les économies attendues, le gouvernement leur promet 500 millions d’euros en plus en 2006.
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