Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
L’épidémie de chikungunya à La Réunion
8 décembre 2005

L’épidémie s’étend à toute l’île à raison de 30 nouveaux malades chaque jour. La CIRE Réunion-Mayotte vient de publier un nouveau point sur la progression de l’épidémie de Chikungunya.
Du 2 novembre au 7 décembre, ce sont 1.063 personnes supplémentaires qui ont été infectées par une piqûre de moustique porteur du virus chikungunya. Chacun des 35 jours séparant ces 2 dates ont vu plus de 30 personnes être ainsi touchées par cette maladie.
Rapportée à la population de la France métropolitaine, cette épidémie concernerait aujourd’hui plus d’un demi-million d’habitants et aurait déjà généré de 15 à 25 millions de journées d’arrêts maladie et toutes les dépenses de consultations médicales, d’analyses, de médicaments et de soins de kinésithérapie. Et dans le même temps, on nous rebat les oreilles sur le fait que nous dépensons trop en médicaments et en soins, que nous ne sommes pas sérieux, que nous mettons le système de soins en péril et que nous coûtons trop cher à la société.
Cette situation est insupportable.
Il n’est pas tolérable en effet qu’en dépit des mises en garde remontant au 24 septembre 2001, aucune disposition n’ait été prise pour parer à toute éventualité.
Il n’est pas admissible que, dès les premiers signes de l’apparition de la maladie, rien n’ait été entrepris pour la juguler immédiatement.
Les atermoiements de la préfecture sont directement responsables de ce qui apparaît comme le prélude d’une véritable catastrophe sanitaire s’il n’est pas rapidement mis fin à la valse hésitation, aux contrevérités énoncées, aux prêches à la résignation à propos de cette épidémie. Depuis le mois de mars, tout se passe comme si on refusait d’ouvrir les yeux sur la réalité de cette épidémie. Depuis le mois de mars, les autorités responsables - la Préfecture - n’accepte d’engager le combat contre cette épidémie qu’avec des moyens constamment insuffisants voire inadéquats. Puis on fait mine de découvrir que la maladie a encore pris de l’avance, alors on augmente les moyens mais toujours en lésinant.
Après 9 mois de tergiversations, nous sommes fondés à dire que les autorités ont, du fait de leur imprévoyance, mis la population de l’île en danger et, par leur refus - ou leur incapacité - de mettre en œuvre les moyens d’éradiquer cette épidémie, sont coupables de non-assistance à population en danger.
Désormais, les chiffres le prouvent, les autorités ne peuvent plus se dire “surprises”. Il leur faut prendre les moyens* d’éradiquer ce fléau dans les plus brefs délais car la saison chaude et humide va créer les conditions d’un désastre annoncé.
Aimé Habib
(*) Et surtout ne pas nous annoncer qu’on va inonder l’île de produits chimiques. Les moyens de la lutte biologique existent, ils doivent donc être mis en œuvre.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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