Budget 2026 : des coupes budgétaires plus drastiques que prévues

Les dépenses de santé dans le plan d’économie de François Bayrou

21 juillet 2025, par temoignagesceline

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé un plan de réduction de « 5 milliards d’euros »des dépenses sociales annuelles. Il a aussi promis une révision du statut des affections longue durée, et le doublement à 100 euros de la franchise annuelle sur les remboursements de médicaments.

François Bayrou a demandé mardi que les dépenses de santé soient freinées de « l’ordre de » cinq milliards d’euros l’an prochain, en demandant notamment un effort de « responsabilisation » des Français qui vont devoir payer une franchise plus élevée sur leurs dépenses de médicaments.

La dépense de santé « augmentera l’année prochaine de 10 milliards d’euros. Ce n’est pas soutenable. Je propose que nous fassions l’effort de limiter cette hausse de moitié », a indiqué le Premier ministre.

« Nous devons responsabiliser les patients pour que le coût de la santé soit plus concret pour nos concitoyens », a déclaré le Premier ministre pour justifier le doublement de la franchise sur les médicaments remboursés par la Sécu.

« Chaque fois que nous achetons une boîte de médicaments, nous en payons une partie » (1 euro par boîte, ndlr), a indiqué François Bayrou, avec un plafond fixé « à 50 euros par an ». « Nous pousserons ce plafond à 100 euros », a-t-il ajouté, sans préciser si le plafond ne concernerait que les boîtes de médicaments, ou bien les autres dépenses de soins soumises à franchise tels que les actes médicaux et les transports sanitaires.

La ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des familles Catherine Vautrin a de son côté précisé que les franchises seraient désormais « versées directement au comptoir » par l’assuré, « tout simplement pour être plus visibles, pour aider chacun à mieux économiser ».

Faire porter les efforts sur les patients

La principale fédération française d’associations de patients, France Assos Santé, a exprimé « sa vive inquiétude face à l’orientation politique défendue, qui fait peser sur les usagers du système de santé la responsabilité des dérives et des tensions actuelles. L’appel à « responsabiliser » les usagers du système de santé, présenté comme une solution, masque mal l’absence de réponses structurelles à l’augmentation des dépenses de santé et aux inégalités d’accès à la santé ».

L’association pointe du doigt la mesure concernant les franchises qui ne s’appliquent que sur des soins prescrits. « Pourquoi, dès lors, n’est-il pas question de la responsabilité des médecins ? Faire porter la charge sur les seuls patients est non seulement injuste, mais aussi inefficace. Les mesures de « responsabilisation » devraient être portées par une meilleure régulation des acteurs, notamment des médecins prescripteurs, principaux artisans de la particularité française de sur-prescription et de mésusage, sources de risques pour les personnes malades, de dépenses inutiles et d’impact environnemental ».

Révisions du statut des affections longue durée

Parmi les autres mesures d’économies figurera également une révision du statut des affections longue durée, avec la fin du remboursement à 100% des médicaments « sans lien » avec la maladie et la « sortie du statut » dans certains cas, a indiqué le Premier ministre. Ce dernier a indiqué que « 20% des Français sont en affection de longue durée contre 5% de la population allemande. (...) Et je ne crois pas que les Français soient en plus mauvaise santé que les Allemands ».

Pour France Assos Santé, « cette mesure viendra pénaliser les personnes malades qui ont réellement besoin de traitement, avec des risques de renoncement aux soins encore plus importants. Nous rappelons que les personnes en ALD sont déjà celles qui supportent le plus de restes à charge ».

Selon la Ligue contre le cancer, de nombreux malades s’inquiètent de ce projet, car « beaucoup d’appels sur les lignes d’écoute de notre numéro vert national » ont été enregistré, a indiqué à Franceinfo, Camille Flavigny, directrice droits et soutien des personnes. « Quand on parle de sortie de l’affection de longue durée [ALD], il faut quand même comprendre que le cancer ne s’arrête pas à la fin des traitements », a indiqué cette dernière.

« L’affection de longue durée a un objectif de stabiliser les personnes dans une forme de prise en charge ». De fait, il ne faut « pas faire sortir [de l’ALD] et re-rentrer les gens en fonction des difficultés qu’ils vont rencontrer, ça multiplie les démarches », pour les patients.

"Mettre fin à une dérive" des arrêts maladie

François Bayrou a aussi évoqué son souhait de « mettre fin à une dérive » des arrêts maladie. « Les contrôles qui ont été exécutés sur les arrêts maladie de plus de 18 mois ont montré que pour 50 % d’entre eux, ces arrêts de travail n’étaient plus justifiés » a-t-il indiqué.

Il a souhaité qu’un salarié puisse reprendre le travail après 30 jours d’arrêt maladie sans voir le médecin du travail. « Or, comme nous manquons cruellement de médecins du travail, comme d’autres spécialités, des dizaines de milliers de personnes qui souhaiteraient reprendre le travail en sont empêchées (...) c’est absurde », a-t-il poursuivi. « À l’exception des maladies professionnelles et des accidents du travail, on dira que c’est le médecin généraliste ou spécialiste qui déterminera la possibilité de reprise du travail », a déclaré M. Bayrou.

François Bayrou a également annoncé un « projet de loi à l’automne sur la fraude fiscale et sociale, pour mieux la détecter et la sanctionner et retrouver l’argent perdu ».

Pour France Assos Santé « il n’est plus acceptable de pointer du doigt la soi-disant responsabilité des usagers dans l’augmentation des dépenses de santé. Cette vision culpabilisante et infantilisante des patients n’est pas à la hauteur des enjeux budgétaires et des attentes de la population ».


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