Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
10 novembre 2007

Ce matin (hier), un rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales... l’IGAS qui préconise un « désarmement commercial organisé » de l’industrie pharmaceutique...
Désarmement commercial organisé, cela veut dire : moins de publicité et moins de promotion pour les médicaments. L’IGAS vient de remettre un rapport au gouvernement, dénonçant les pratiques excessives des laboratoires pharmaceutiques : trop de promos, trop de visiteurs médicaux qui favorisent l’expansion globale des prescriptions. L’industrie pharmaceutique dépense 3 milliards d’euros par an pour informer les seuls médecins, au moyen essentiellement des visiteurs médicaux. Et l’IGAS fait le calcul suivant : cela revient à facturer à la collectivité, via les médicaments prescrits, des sommes importantes. L’IGAS propose le chiffre de 25000 euros par généraliste qui sont répercutés sur la Sécu, sans contrepartie médicale.
Les médecins français sont les plus visités et démarchés d’Europe, et sans doute du monde, si l’on met à part les États-Unis. D’où l’augmentation du nombre de médicaments vendus... D’où, beaucoup de dépenses de médicaments. Et beaucoup de bruit promotionnel, qui interdit d’entendre les bons messages de la Haute Autorité de santé, les messages de sa campagne contre les antibiotiques par exemple.
Les moyens de la Haute Autorité de Santé sont dérisoires face à ceux des monstrueux laboratoires pharmaceutiques, pour qui la prévention est une catastrophe économique et financière, et dont la devise est : « Mieux vaut médicamenter que prévenir. » Si l’on regarde les dépenses publicitaires de l’industrie pharmaceutique, elles sont impressionnantes, aussi importantes sinon plus que les fameuses dépenses en recherche et développement. Pour rester dans la course, les grands labos doivent mettre sur le marché des molécules vedettes, des “blockbusters” dont le chiffre d’affaires dépasse - pour chaque molécule - un ou deux milliards de dollars.
En revanche, l’industrie pharmaceutique n’aime pas les médicaments génériques, qui sont beaucoup moins rentables... Les grands labos luttent férocement contre les génériques au nom de la protection d’une recherche qui est plus faible que la pub. Que faire contre eux ? L’IGAS propose l’institution de “médecins sentinelles” qui collaboreraient avec les organismes de Sécurité sociale pour contrôler le bon usage du médicament... Mais dans une société qui rêve à la vie éternelle, l’avenir du médicament est assuré.
Bernard Maris
France Inter - Marianne2.fr
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