Santé

Lutte contre la dengue : premiers lâchers de moustiques mâles stériles

Dans la zone pilote de Duparc à Sainte-Marie

Témoignages.re / 24 juillet 2021

Pour combattre la dengue et les autres maladies tropicales transmises par les moustiques, l’IRD travaille sur la technique de l’insecte stérile (TIS). Le but est donc de faire baisser la population des moustiques vecteurs de la dengue. 150 000 mâles stériles vont être lâchés au cours des 12 prochains mois ce qui correspond à 10 mâles stériles relâchés pour un mâle non-stérile présent dans la nature.

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Afin de prouver l’efficacité de la Technique de l’Insecte Stérile (TIS) en milieu naturel, l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) débute ce jeudi 22 juillet une campagne de lâchers de moustiques mâles stériles à l’échelle d’un quartier (zone pilote de Duparc – partie Sud du quartier) à Sainte-Marie, pour une durée de 12 mois. Le premier lâcher de moustiques mâles Aedes albopictus stérilisés, en présence de Xavier Deparis, Directeur de la Veille et de la Sécurité Sanitaires à l’ARS La Réunion, fait suite à la publication de l’arrêté préfectoral autorisant l’IRD à réaliser un essai de lutte opérationnelle au sein de ce quartier.

Les objectifs de la campagne de lâchers de moustiques 2021-2022

Cette nouvelle phase du projet vise à démontrer l’efficacité d’une approche durable de contrôle des populations d’Aedes albopictus par des lâchers de moustiques mâles stériles. Issus d’une souche péi d’Aedes albopictus prélevée à Sainte-Marie, ces moustiques mâles stériles sont produits dans le nouvel insectarium d’élevage, inauguré le 29 juin dernier.
Le but de l’opération est d’obtenir sur cette partie du quartier une réduction significative de la fertilité des femelles sauvages et donc d’observer une diminution des densités de populations de moustiques tigres.

Une lutte conjointe avec les autorités sanitaires

La prévention et la lutte contre les maladies vectorielles représentent un enjeu de santé publique. Le virus de la dengue circule à La Réunion de manière épidémique pour la quatrième année consécutive et les nombreuses formes sévères observées de la maladie rappellent sa gravité.
Face au virus de la dengue, une mobilisation collective demeure indispensable. L’ARS réalise des actions ciblées autour des cas, complétées par des opérations de salubrité ou de médiation menées par les collectivités ou les associations. La lutte contre la prolifération des moustiques et la protection personnelle contre les piqûres demeurent cependant l’affaire de tous. Chacun est invité à lutter contre cette épidémie via la destruction des gîtes larvaires et l’application des bons gestes de protection individuelle. Les lâchers de moustiques mâles stériles ne pourront se substituer à la mise en œuvre de ces gestes de prévention. La population du quartier de Duparc sera donc invitée à maintenir ses efforts de lutte au quotidien.
Les autorités chargées de lutter contre ces maladies transmises par les moustiques sont aujourd’hui confrontées à une limitation du nombre de molécules autorisées et à une augmentation des refus de traitements, qui fragilisent les actions menées. Il est nécessaire pour l’ARS La Réunion d’accompagner l’évolution des techniques de lutte contre le moustique tigre. La TIS apparaît comme une approche complémentaire et innovante. Le Ministère de la Santé et l’ARS La Réunion ont soutenu son développement. L’instruction du dossier a été confiée par la Préfecture à l’ARS, qui a pu constater que le projet avait tenu compte des recommandations émises par les experts nationaux de la Santé Publique et de la Biodiversité.