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160 millions de dollars pour améliorer l’accès des enfants à ce médicament
22 juillet 2022

Ce soutien international, évalué à près de 160 millions de dollar américain et réparti sur la période allant de 2022 à 2025, permettra d’améliorer l’accès au vaccin pour les enfants exposés à un risque élevé de maladie et de décès dus au paludisme.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) accueille avec satisfaction l’initiative lancée par Gavi, l’Alliance du vaccin, qui offre aux pays une occasion historique de demander un financement afin d’introduire ou d’amplifier le déploiement du vaccin antipaludique RTS, S/AS01 (RTS, S). Ce soutien international, évalué à près de 160 millions de dollar américain et réparti sur la période allant de 2022 à 2025, permettra d’améliorer l’accès au vaccin pour les enfants exposés à un risque élevé de maladie et de décès dus au paludisme, en commençant par le Ghana, le Kenya et le Malawi, les trois pays africains qui ont lancé la phase pilote de l’introduction du vaccin en 2019, pour ensuite s’étendre à d’autres pays éligibles où la maladie est endémique.
Le paludisme reste une cause majeure de maladie et de décès chez les enfants en Afrique subsaharienne. En 2020, près d’un demi-million d’enfants Africains sont décédés du paludisme, soit un enfant chaque minute.
Depuis sa toute première introduction en 2019, les communautés africaines ont bien accepté le premier vaccin antipaludique après un temps relativement court. La demande reste élevée malgré le contexte marqué par la pandémie de COVID-19, ce qui s’illustre par le succès en matière de vaccination et une couverture allant de 73 % à plus de 90 % pour la première dose selon le pays. À ce jour, environ 1,3 million d’enfants ont bénéficié de ce vaccin dans les trois pays pilotes d’Afrique.
« La nouvelle opportunité de financement de Gavi nous rapproche un peu plus de la possibilité d’administrer à des millions d’enfants supplémentaires en Afrique le vaccin antipaludéen RTS, S qui sauve des vies », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Pendant la pandémie, alors que les services de santé de routine étaient confrontés à d’innombrables défis, les parents et les soignants ont amené leurs enfants dans les cliniques et aux centres de santé afin qu’ils soient vaccinés contre le paludisme. Ils savent très bien que des vies sont perdues chaque jour à cause du paludisme et désirent protéger leurs enfants contre cette maladie mortelle ».
Suite à la recommandation formulée par l’OMS en octobre 2021 concernant l’utilisation à grande échelle du vaccin antipaludique RTS, S chez les enfants vivant dans des régions où la transmission du paludisme à Plasmodium falciparum est de niveau modéré à élevé, un certain nombre de pays endémiques au paludisme ont exprimé leur intérêt pour l’adoption du vaccin et devraient solliciter le soutien de Gavi en vue de son introduction. Le vaccin RTS, S agit de façon spécifique contre le Plasmodium falciparum, qui est le parasite palustre le plus mortel et le plus répandu sur le continent africain. Là où le vaccin a été introduit, on a pu observer une baisse considérable du nombre d’enfants hospitalisés pour cause de paludisme grave, de même qu’une baisse du nombre de décès d’enfants dans la tranche d’âge visée par le vaccin.
Comme c’est le cas pour beaucoup de nouveaux vaccins, la disponibilité du vaccin antipaludique est limitée en attendant que la production du vaccin s’accélère.
« Le vaccin antipaludique destiné aux enfants, longtemps attendu, représente un progrès décisif pour la science, la santé infantile et la lutte contre le paludisme. Selon les prévisions, l’utilisation à grande échelle de ce vaccin pourrait sauver des dizaines de milliers de vies chaque année chez les plus jeunes. Mais nous aurons besoin d’un approvisionnement accru en vaccin pour que l’Afrique puisse profiter des avantages de cet outil supplémentaire de lutte contre le paludisme », a insisté la Professeure Rose Leke, spécialiste de la lutte antipaludique à l’Université de Yaoundé (Cameroun) et coprésidente du groupe d’experts qui a fourni des conseils à l’OMS sur un plan d’action permettant de répartir l’approvisionnement actuellement limité en vaccins.
Selon une étude commissionnée par l’OMS, au cours des prochaines années, l’approvisionnement en vaccin antipaludique RTS, S sera insuffisant pour répondre aux besoins des plus de 25 millions d’enfants qui naissent chaque année dans les régions où le vaccin antipaludique est recommandé. Si un deuxième vaccin antipaludique venait à passer avec succès les phases de développement clinique et d’autorisation d’utilisation, les périodes de difficultés d’approvisionnement pourraient être écourtées. La demande est estimée entre 80 millions et 100 millions de doses par an.
En réponse à la question qui touche à l’approvisionnement, l’OMS a élaboré, sur conseil des experts, un cadre pour orienter les décisions relatives à l’allocation des vaccins aux niveaux mondial et national, de manière à garantir que les enfants exposés à un risque plus élevé, notamment dans les pays endémiques, soient considérés en priorité au moment de recevoir le vaccin. Le cadre vise également à garantir que les services de vaccination des enfants instaurés dans les trois pays pilotes se poursuivent sans perturbation jusqu’à ce que l’offre réponde pleinement à la demande.
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