Santé

Madagascar : 34 passagers positifs au coronavirus dans un vol d’Air France venu de Paris

Le danger ne vient pas de Madagascar, de Maurice ou des Comores mais bien de Paris

Manuel Marchal / 3 mai 2021

34 des 284 passagers d’un vol d’Air France en provenance de Paris ont été contrôlés positifs à la COVID-19 à leur arrivée à Madagascar le 26 avril. Pourtant, les 284 passagers ont dû justifié d’un test de dépistage négatif pratiqué trois jours avant le voyage. Cette affaire souligne que contrairement à ce qu’annonce Emmanuel Macron, le danger pour La Réunion ne vient pas de ses voisins mais toujours de Paris pour ce qui concerne l’importation du coronavirus.

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Arrivée de passagers en provenance de Paris à Madagascar. (photo L’Express)

La semaine dernière, un vol de rapatriement opéré par Air France venant de Paris s’est posé à Ivato le 26 avril. Son arrivée avait suscité une grande polémique chez nos voisins. En effet, les frontières étaient fermées. Le vol avait malgré tout pu avoir lieu car il avait été autorisé avant la décision gouvernementale.
En conséquence, d’importantes précautions ont été prises. Les 284 passagers ont subi un test RT-PCR de dépistage à leur arrivée et ont été placés en quarantaine dans des hôtels surveillés par les autorités.
Les premiers résultats des tests ont été annoncés : 34 passagers ont eu un résultat positif. Vendredi, lors d’une conférence de presse commune aux ministre de la Santé, des Transports et du Tourisme, il a été annoncé que la totalité des passagers étaient maintenus en quarantaine :
Voici ce qu’écrit notre confrère « L’Express » à ce sujet :

« Une attestation de négativité avait été requise de chaque passager lors de leur départ. Les trente-quatre qui ont été positifs aux tests devront refaire les tests. Il est possible qu’on soit confronté à des fausses attestations, il est possible aussi que le virus n’ait pas été détecté si la maladie était dans une phase d’incubation », souligne le Professeur Hanitrala Rakoto­vao, ministre de la Santé publique.
Les passagers qui n’ont pas les moyens de se confiner au niveau des hôtels affectés à cet effet devront aller au niveau du Complexe CNaPS Vontovorona. « L’État se chargera du nécessaire pour ceux qui devront être mis en quarantaine à Vontovorona », enchaîne le ministre. Par ailleurs, une investigation devrait se faire par rapport aux tests effectués. Les autres passagers suivront la mise en quarantaine. »

Rappelons que dans une interview parue jeudi dans « Le Quotidien », Emmanuel Macron a déclaré ceci : « la stratégie à La Réunion, ça va être une stratégie adaptée : protéger l’île du reste du contexte régional (...) ». L’interview était intitulée « Protéger La Réunion du reste de la zone ».
« Témoignages » avait souligné l’erreur manifeste d’analyse du chef de l’État. En effet, ce sont La Réunion et Mayotte, deux territoires de la République, qui sont les pays les plus contaminés dans la région. Ce sont donc logiquement les passagers en provenance de La Réunion et de Mayotte qui font courir un danger bien plus important chez nos voisins. Cette situation s’explique par l’importation à La Réunion d’une crise sanitaire en raison du maintien des vols réguliers avec la France, pays qui compte plus de 100.000 morts du coronavirus et où l’épidémie est très loin d’être jugulée.
Dans ces conditions, il est clair que le danger pour La Réunion vient des vols en provenance de Paris. C’est ce que démontre l’affaire du vol d’Air France. En effet, avant de prendre l’avion, les 284 passagers devaient justifier d’un résultat négatif à un test de dépistage pratiqué trois jours avant l’embarquement. Et il s’avère que 34 passagers sur 284 ont été testés positifs au coronavirus à leur arrivée à Madagascar. C’est énorme et cela justifie le maintien en quarantaine des 284 voyageurs.
Ceci rappelle que le test à J-3 est tout sau une protection efficace contre l’importation de nouveaux cas de coronavirus à La Réunion et ailleurs. La seule protection efficace reste la quarantaine à l’arrivée.

M.M.