Santé

Mayotte Première : « Les aéroports de La Réunion et de Mayotte sont des passoires à virus »

A Pamandzi et à Gillot, les contrôles des nouveaux arrivants potentiellement porteurs du coronavirus jugés pas suffisants

Témoignages.re / 24 mars 2020

Témoignages s’était rendu hier à l’aéroport Roland-Garros de Gillot pour voir comment était appliquée les nouvelles mesures de sécurité liées à la restriction du transport aérien. Force était de constater les faits suivants : pas de distribution de masques aux passagers qui n’en ont pas alors qu’ils viennent de France, pays parmi les plus touchés au monde par le coronavirus ; pas de test coronavirus ; un très bref entretien ; rien de prévu pour contraindre à la quarantaine. Aujourd’hui, c’est Mayotte Première qui déplore le manque de moyens accordés pour les contrôles et la sensibilisation de la population. Ceci risque d’avoir de graves conséquences à cause de l’insularité de La Réunion et de Mayotte.

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« Scène stupéfiante » à l’aéroport de Mayotte

« Une scène stupéfiante se produit ce lundi midi à l’aéroport de Pamandzi dans l’île de Mayotte : Un groupe de « chigoma » - une danse traditionnelle mahoraise- enregistre ses bagages pour rejoindre la Réunion. Ils sont une dizaine de jeunes hommes tout de blanc vêtus, portant fièrement leurs tambours traditionnels. Ils ont le droit de voyager, puisqu’ils retournent à La Réunion où ils résident. La compagnie Air Austral est en droit de les transporter. Après avoir annoncé « une forte réduction de la desserte aérienne », la compagnie régionale rectifie le tir en organisant 5 vols par semaine entre la Réunion et Mayotte, 2 entre Mayotte et Paris, et encore trois entre Paris et la Réunion. On est très loin de « l’interdiction des vols entre la métropole et les outremers » initialement décrétée par le ministère de la santé. »

Et à l’aéroport de La Réunion ?

« Les filtrages d’arrivants à la Réunion ne sont pas sérieux. Des passagers témoignent d’une bousculade habituelle pour sortir de l’avion ; et d’une question posée par des infirmiers : « Allez vous bien ? ». Ceux qui toussent ou sont enrhumés, sont encouragés à … téléphoner à leur médecin.
L’Etat a manqué une occasion de faire des outremers un « cluster à l’envers », une zone exempte de Coronavirus. Quitte à héberger et prendre en charge les passagers dans des hôtels restés vides en métropole. C’était encore possible depuis une semaine. Il est maintenant trop tard. L’épidémie galope dans les îles. » 

Conclusion : la crainte de la catastrophe sanitaire

« Les autorités sanitaires et le ministère des outremers ont pourtant insisté sur « la situation propre à l’insularité, à l’isolement et à l’éloignement des territoires ultramarins du reste du territoire national, caractérisées par des difficultés majeures auxquelles ces territoires seraient confrontés en cas de propagation massive due à des cas d’importation du virus par voie aérienne ». C’est une manière de dire que l’extension du Covid- 19 serait un désastre : La Réunion peine à dépasser 100 lits de réanimation équipés de respirateurs. Quand à Mayotte avec moins de 20 lits… »

Voir en ligne : https://la1ere.francetvinfo.fr/mayo...