Santé

Mise au point sur le variant Delta

Collectif Covid Médecins 974 / 29 juillet 2021

Que nous dit-on ? 1 000 fois plus contagieux selon notre ministre qui prend de plus en plus l’habitude d’élucubrer des chiffres comme ces 96 % de positifs non vaccinés. 1 000 fois plus ? En 8 jours, la France serait contaminée à 100 % ! Formidable, seuls les non-vaccinés seront touchés puisque les vaccinés ne sont pas touchés, voilà qui règle tous les problèmes ! Or le raisonnement et les chiffres sont faux. Qu’en est-il réellement ? Examinons les faits.

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Un variant plus contagieux ?

Une évidence, il a rapidement pris le dessus partout. Nous allons vite vers le 90-100 % de variant delta, avant le suivant (epsilon en Californie, lambda au Pérou). Cela semble donner raison à ceux qui, par expérience, nous disent que ce n’est pas la même épidémie, mais des épidémies successives, avec des virus différents, probablement de moins en moins virulents, pour se terminer après 2-3 ans par une endémie, comme la grippe saisonnière, avec un virus variant qui ressort ici et là.

Un variant qui ne touche que les non-vaccinés ?

Oui, dans un seul pays, la France. C’est notre ministre qui le dit, c’est donc la vérité. Mais c’est faux, comme l’attestent les dizaines de patients touchés par l’infection après un schéma vaccinal complet, ici même à La Réunion, et ailleurs dans l’hexagone.

Les pays qui ont le plus vacciné font face à cette nouvelle vague. Par exemple aux Seychelles, à Gibraltar, mais aussi des pays plus grands et bien suivis, comme le Royaume-Uni ou Israël. Dans ces deux pays, on peut avancer un chiffre moyen de 40 à 50 % de contaminés vaccinés. Comme le taux de vaccinés est de l’ordre de 50-60 %, on peut peut-être affirmer que ce variant touche autant les vaccinés que les non-vaccinés. Sir Patrick Vallance, directeur général de la Santé au Royaume-Uni, a essayé de minimiser les faits, déclarant en conférence de presse avec le Premier ministre que 60 % des personnes nouvellement admises à l’hôpital avaient reçu 2 doses, pour dire ensuite sur twitter que c’était une erreur, c’était 40 %. La belle affaire !

En Israël : selon le ministère, le 21 juillet, sur les 143 hospitalisés, 58 % étaient totalement vaccinés, 3 % partiellement, 39 % non vaccinés. Si on regarde les nouveaux cas et non les hospitalisations, depuis le début de la vague en mai, 40 % des nouveaux cas sont vaccinés 2 doses. 1 % avaient eu la maladie avant, ayant des anticorps acquis « naturellement ». Cela ne signifie pas que la maladie est 40 fois plus protectrice que les vaccins, car il faut tenir compte du fait qu’il y a moins d’anciens malades que d’anciens vaccinés. En fait cela ramène le rapport non de 1 à 40, mais de 1 à 7. L’immunité naturelle semble 7 fois supérieure à celle du vaccin. Ce qui n’est pas rien pour juger de l’efficacité d’un vaccin, que l’on met en avant pour stopper ce variant ! Ajoutons que les vaccinés ne sont pas moins contaminants que les non-vaccinés. Contrairement aux allégations présidentielles du 12 juillet (12 fois moins contaminants d’après Emmanuel macron). Justifiant ainsi sa politique liberticide.

Un variant moins virulent ?

On peut le confirmer. Les Anglais ont démarré leur dernière vague le 24 mai, il y a 2 mois, largement suffisant pour juger des dégâts causés.

Pour la première vague, la courbe des cas est aplatie et les décès plus forts, en raison des tests bien moins nombreux au début. Pour la seconde vague, on distingue bien le décalage cas/décès, et les 2 courbes se suivent. Pour la troisième vague, la courbe décès ne suit plus, les décès sont faibles comparés à la seconde vague. En proportion du nombre de cas, 15 fois moins de décès avec le delta, qu’avec le précédent variant. Autre constatation : les Anglais ont amorcé depuis 5 jours la fin de vague, les décès devraient diminuer dans une dizaine de jours. Fin de vague, sans avoir vacciné plus, et en ayant allégé toutes les mesures barrières. Soit l’inverse de ce que nous faisons, et tout se passe bien avec le delta. C’était visible depuis 1 mois, sauf par nos dirigeants, élus et presse.

Israël suit avec un décalage d’un mois, mêmes constatations sur les cas et les décès.

Même chose en France, notre vague a démarré exactement le 28 juin, il y a 4 semaines. Les hospitalisations et décès auraient dû redémarrer depuis 15 jours, alors que cela commence seulement à remonter, dans une proportion 15 fois inférieure à celle des vagues précédentes si nous suivons l’Angleterre et Israël). Si cela se confirme, résultat dans 15 jours : 15 fois moins, c’est moins mortel que la grippe saisonnière !

Aux USA comme en France, on cherche à minimiser cette situation, mais les constatations sont les mêmes. Il y a un tableau dans le New York Times, captivant, donnant par région, le % de variants delta et les hospitalisations : plus vous avez de delta, moins il y a d’hospitalisations !

Un vaccin qui protège des formes graves ?

Un récent rapport du Public Health semble montrer le contraire. De février à juin, sur les 257 personnes mortes de la Covid-19, 163 avaient reçu au moins une dose de vaccin, soit 63 %. Ces chiffres montrent que la mortalité est très supérieure chez les vaccinés au moins une dose que chez les non-vaccinés. Il faut cependant tenir compte que les personnes âgées dominent chez les vaccinés, et les jeunes chez les non-vaccinés. En cas d’infection, il est donc normal qu’il y ait plus de décès chez les anciens, donc chez les vaccinés. Il est donc probablement faux de dire que l’on meurt plus si on est vacciné, par contre ces chiffres montrent une chose : les vaccins ne protègent pas (ou peu) des formes graves, sinon il y aurait moins de décès chez les vaccinés qui meurent tout autant avec l’avancement de l’âge.

Un variant sensible au traitement précoce ?

Si ce variant semble moyennement sensible aux vaccins, quid des traitements médicaux ? L’Inde s’est très rapidement débarrassée de ce variant né chez elle, et la vague annoncée par tous nos journaux comme une catastrophe à venir, personne ne l’a vue arriver. En intensité, le nombre de cas par habitant, a été de moitié inférieur à la France. Ceci sans doute grâce à la seule arme dont ils disposaient : l’Ivermectine. Les vaccinés représentaient 3 % de la population. Donc rien.

Il est d’ailleurs intéressant de comparer deux états indiens, le Tamil Nadu, 68 millions d’habitants, qui a refusé le traitement, et l’Uttar Pradesh, 204 millions d’habitants, qui a distribué massivement l’Ivermectine. Tous deux avec 35 000 cas /jour au pic, voilà ce que donne la courbe de nouveaux cas/habitant, avec et sans traitement, pour le même variant : une vague 3 fois plus forte, deux fois plus longue. Toutes choses égales par ailleurs, car, à ce niveau de population dans une étude observationnelle, les biais de sélection sont inexistants.

Conclusions sur ce variant delta :

1) Plus contagieux, moins virulent.
2) Vaccin protégeant partiellement des formes graves (certains vaccinés sont en réanimation).
3) Traitements efficaces, et pas qu’en Inde. De plus, cela pourrait conférer une immunité plus durable que celle du vaccin.

Est-ce que cela mérite les mesures que l’on vit en France depuis deux semaines, ou à La Réunion, et qui laissera des traces pendant des décennies ?

Collectif Covid Médecins 974
D’après le blog de Gérard Maudrux