Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
18,3 % des adultes de 18 à 79 ans ont vécu un épisode dépressif caractérisé en 2024
18 décembre 2025, par

À La Réunion, le système néocolonial entretenu par la surrémunération versée depuis Paris a façonné une classe dominante dépendante de la France et solidement installée dans les institutions. Ce modèle bloque le développement local, aggrave la pénurie d’emplois et de logements, alimente la vie chère et pèse lourdement sur la santé mentale des Réunionnais.
À La Réunion, l’organisation économique et institutionnelle héritée de la départementalisation reste marquée par des mécanismes néocoloniaux. La surrémunération versée à une partie de la population, financée par l’État, n’a pas seulement un effet budgétaire : elle structure les rapports de pouvoir. En favorisant une élite administrative et économique qui doit sa position à Paris, elle consolide une classe dominante dont les intérêts sont alignés sur le maintien du système existant plutôt que sur l’émancipation productive du territoire.
Les conséquences sont visibles. C’est la pénurie d’emplois à cause du sous-développement d’une économie axée sur la consommation de biens importés et de services vendus par des sociétés françiaises implantées dans notre pays. Le logement est rare et cher, tandis qu’une large partie de la population subit chômage, précarité et surpeuplement. La vie chère, causée par la surrémunération et accentuée par l’insularité et les rentes de situation, érode le pouvoir d’achat et nourrit un sentiment d’injustice sociale.
Ce verrouillage institutionnel empêche l’émergence d’un développement autochtone fondé sur la production locale, l’innovation et la valorisation des compétences indigènes. Les décisions stratégiques restent largement dépendantes de centres extérieurs, ce qui freine l’adaptation des politiques publiques aux réalités sociales et culturelles de l’île.
L’impact humain est considérable. Selon le dernier baromètre de Santé publique France, publié le 11 décembre, 18,3 % des adultes de 18 à 79 ans ont vécu un épisode dépressif caractérisé en 2024 à La Réunion, contre 15,6 % en France. Le rapport évoque une santé mentale « particulièrement préoccupante », avec les prévalences les plus élevées d’épisodes dépressifs et de troubles anxieux généralisés, sur fond d’inégalités sociales marquées.
Ce constat montre que la souffrance psychique n’est pas un phénomène isolé, mais le symptôme d’un modèle qui fragilise durablement la population. Tant que les mécanismes néocoloniaux perdureront, les crises sociales et sanitaires continueront de se renforcer, appelant une refonte profonde des politiques de développement et de gouvernance au service des Réunionnais.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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