Santé

Non à la fermeture de l’hôpital de Saint-Louis

Gilles Leperlier et Jessie Caro appellent au rassemblement

Correspondant Témoignages / 27 août 2018

Le plan de redressement présenté par la direction du CHU et validé par le COPERMO prévoit la fermeture de l’hôpital de Saint-Louis. Gilles Leperlier et Jessie Caro, candidats à la législative partielle de la 7e circonscription, appellent au rassemblement pour préserver un indispensable service public de proximité.

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Gilles Leperlier et Jessie Caro.

À l’occasion d’une conférence de presse, le candidat dans la 7e circonscription, Gilles Leperlier et sa suppléante Jessie Caro, ont dénoncé la décision de fermeture de l’hôpital de Saint-Louis et plaidé pour un meilleur système de santé.
Preuve du soutien de leur candidature, des professionnels ont communiqué au candidat le compte rendu du Comité de la Performance et de la Modernisation de l’Offre de soins Hospitaliers (COPERMO), actant le 31 janvier 2018 la fermeture de l’hôpital de Saint-Louis et la vente du terrain et des bâtiments pour 2 millions d’euros.

7 millions d’euros manquants sur la vente de l’hôpital

Gilles Leperlier a pointé du doigt le compte-rendu du COPERMO, stipulant qu’une évaluation du montant de la cession du site de Saint-Louis par France Domaine a permis de sécuriser a minima la première estimation annoncée à 2 millions d’euros.
« Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, l’hôpital de Saint-Louis va fermer ses portes et qu’il est en vente pour un montant estimé par France Domaine et arrêté à 2 millions d’euros. Mais quand on revient sur le document, on voit que France Domaine a eu une première estimation à 9 millions d’euros. Alors pourquoi, à la page suivante, la somme de 2 millions d’euros est arrêtée ? a assuré Gilles Leperlier. En effet, où sont passés les 7 millions d’euros en moins ? « Il y a là un micmac, les choses ne sont pas très claires ».
Alors que La Réunion fait face à une hausse démographique, à la multiplication des épidémies, et au manque de personnel soignant, « nous devons nous mobiliser pour défendre l’hôpital de Saint-Louis, ainsi que l’hôpital et l’offre de soin de proximité qui répondent aux attentes de la population », a déclaré le candidat.
Sa suppléante Jessie Caro, professionnelle de santé, a expliqué la nécessité de conserver cet hôpital ainsi que toutes les structures de l’île, car le manque de place et de personnel sont des risques majeurs encourus par les Réunionnais. « Je fais face, chaque jour, à des patients qui sont hospitalisés pour des problèmes de santé, dont la plupart sont envoyés au CHU de Saint-Pierre, d’autres en médecine à Saint-Louis et plus rarement sur Saint-Paul, faute de place », a expliqué la jeune femme.

Pour des soins de proximité

La fermeture de l’hôpital soulève l’indignation, car la structure est un patrimoine historique, et elle répond aux attentes des Saint-Louisiens et de la population de la micro-région, a expliqué Jessie Caro. Cette dernière a réagi à la réforme du système de santé par la ministre, Agnès Buzyn, assurant qu’aucune fermeture d’hôpital de proximité n’aura lieu. Or pour l’infirmière, la décision de fermer l’hôpital de Saint-Louis, va à l’encontre de cette procédure : « tout comme les menaces de fermeture de l’hôpital de Cilaos ».
Un avis partagé par Gilles Leperlier, qui a expliqué que « derrière ces effets d’annonce, il y a une réalité. La question que l’on peut se poser en entendant la ministre, c’est quoi un hôpital de proximité ? ». Car selon le décret du Ministère des affaires sociales et de la Santé du 23 juin 2016, l’île ne possède pas d’hôpitaux de proximité, s’est indigné le jeune homme.
Ce dernier a ainsi évoqué les critères de l’État pour définir « en France » un hôpital de proximité. D’une part, il faut être à moins 20 minutes en voiture, « ce qui veut dire que pour la personne de La Rivière Saint-Louis qui irait à l’hôpital de Saint-Louis, il faut plus de 20 minutes. Si elle va à Saint Pierre, faut au moins une heure. Donc, rien que sur ce seul critère de distance et de temps de trajet fixé par l’État, l’hôpital de Saint-Louis devrait paraître dans les hôpitaux de proximité et ne devrait pas fermer ».
D’autre part, l’État définit la fragilité du territoire. Il s’agit tout d’abord de la part de la population âgée de plus de 75 ans, qui doit être supérieure à la moyenne nationale de 9 %. Pour le candidat, « la population à proximité de l’hôpital justifie ce premier argument ». Ensuite, il faut que la population vivant sous le seuil de pauvreté soit supérieur à la moyenne nationale de 14 %. « A La Réunion, on est à 49 % de la population », a répondu Gilles Leperlier.
À partir de ces deux faits, Gilles Leperlier et Jessie Caro estiment que l’hôpital de Saint-Louis répond pleinement aux critères d’un hôpital de proximité et devrait donc être épargné par la nouvelle réforme de santé prévu le mois prochain par le gouvernement.

Préserver l’emploi et la santé des Saint-Louisiens

« On sait que la population va continuer à augmenter, qu’il y aura de plus en plus de personnes âgées, que la situation s’aggrave au niveau social et économique, et que ces critères vont être encore plus importants dans les années à venir, cela justifie la nécessité de maintenir l’hôpital de Saint-Louis ouvert, mais aussi de le renforcer et de le conforter, en médecine générale de proximité, pour répondre aux besoins de la population », a assuré le candidat soutenu par le Parti Communiste Réunionnais.
De son côté, Jessie Caro s’est alarmée : « la fermeture de l’hôpital de Saint-Louis est complètement inadmissible. L’hôpital de Saint-Pierre manque déjà cruellement de place, si l’hôpital ferme ses portes, c’est prendre le risque d’obliger nos malades à faire plus de distance pour être pris en charge par un personnel hospitalier adéquat. Ce même personnel qui risque d’être muté voire licencié ».
En effet, comme l’a expliqué Gilles Leperlier, « au-delà de cette offre de soins, l’hôpital de Saint-Louis, c’est 120 agents. L’hôpital de Saint-Louis est au cœur du centre-ville, cela veut dire qu’il a une attractivité économique importante, qu’il contribue au développement du centre-ville et de la commune ». Raisons pour lesquelles, « fermer l’hôpital de Saint-Louis, c’est mettre en danger la santé des Réunionnais, c’est mettre en danger le développement économique du centre-ville et de Saint-Louis, d’où l’importance de se mobiliser ».

Correspondant