Journée mondiale de la lutte contre le paludisme

Paludisme : la Zambie réduit de 66% le nombre de décès

27 avril 2009

Les avancées obtenues dans un pays de notre région, la Zambie, donnent l’espoir à des centaines de millions de personnes qui vivent tous les jours sous la menace du paludisme.

L’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé jeudi que la Zambie, comme plusieurs autres pays africains, a enregistré une réduction importante de la mortalité palustre grâce à la lutte intense menée contre la maladie. Les décès dus au paludisme signalés par les établissements de santé ont en effet diminué de 66% en Zambie. D’autres données confirment que le pays a atteint la cible fixée par le “Partenariat faire reculer le paludisme” de réduire d’ici 2010 plus de 50% de la mortalité palustre par rapport à l’an 2000. Les efforts consentis par la Zambie serviront de modèle pour d’autres pays à l’occasion de la Journée mondiale du paludisme, le 25 avril.
La baisse en Zambie a été particulièrement prononcée après la distribution de 3,6 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide à action prolongée entre 2006 et 2008. Au cours de cette période, les décès par paludisme ont diminué de 47% et des enquêtes nationales ont fait apparaître une diminution de 53% de la prévalence du parasite — qui a été ramenée de 21,8% à 10,2% — alors que le pourcentage des enfants atteints d’anémie sévère a diminué de 68%, étant ramené de 13,3% à 4,3%. L’anémie modérée et sévère chez l’enfant est due le plus souvent au paludisme.
Comme l’a souligné le Dr Luís Gomes Sambo, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, « c’est là un résultat remarquable et il faut rendre hommage à l’engagement et au travail consentis. Alors que nous célébrons cette semaine la Journée mondiale du paludisme, j’invite instamment tous les pays touchés par le fléau à intensifier et maintenir la lutte antipaludique et les efforts d’élimination afin d’atteindre le but d’une couverture de 100% en 2010 ». L’OMS, avec l’appui du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, a collaboré avec les ministères de la Santé des différents pays au cours des deux dernières années pour évaluer l’impact des activités intenses de lutte antipaludique.

120 millions de dollars

Le paludisme représente une charge considérable pour les pays africains. Les activités accélérées de lutte antipaludique ont commencé en Zambie en 2003 par la distribution de quelque 500.000 moustiquaires imprégnées d’insecticide et l’introduction de l’association médicamenteuse comprenant de l’artémisinine (ACT) dans sept districts pilotes grâce à un don du Fonds mondial.
Depuis, le ministère zambien de la Santé, avec des dons d’un montant total de 120 millions de dollars du Fonds mondial ainsi qu’un appui reçu d’autres partenaires, notamment la President’s Malaria Initiative (PMI), le Partenariat pour la lutte antipaludique et le suivi en Afrique (MACEPA) et le Programme renforcé de la Banque mondiale pour la lutte contre le paludisme, a pu élargir encore les activités de lutte.
Pour le Dr Michel Kazatchkine, Directeur exécutif du Fonds mondial, qui fournit les deux tiers des ressources affectées à la lutte antipaludique dans le monde, « le Fonds mondial constate avec satisfaction que les ressources de la lutte antipaludique fournies par le ministère de la Santé zambien, le Fonds mondial et les autres partenaires permettent de diminuer de façon spectaculaire le nombre des décès évitables. La Zambie offre l’exemple de ce qu’il est possible de réaliser dans toute l’Afrique en associant l’accès universel aux moustiquaires à des antipaludiques efficaces ».


La clé du succès : les moustiquaires

En 2006-2007, des stocks importants de moustiquaires imprégnées d’insecticide et d’ACT ont été distribués alors qu’on assurait déjà la pulvérisation à effet rémanent à l’intérieur des habitations dans 15 des 72 districts zambiens. En 2006 et 2007, des moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées à l’ensemble de la population et non plus seulement aux enfants et aux femmes enceintes qui étaient les principaux bénéficiaires dans les campagnes précédentes.
Dans les pays à transmission faible et modérée, il semble que la cible “Faire reculer le paludisme” d’une réduction de plus de 75% pourrait être atteinte plusieurs années avant la date fixée de 2015. Des mesures énergiques de lutte antipaludique comparables à celles de la Zambie pourraient permettre aux pays africains de progresser rapidement en vue d’atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement concernant la survie de l’enfant, à savoir une réduction des deux tiers de la mortalité de l’enfant en 2015.

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