Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
3 mai 2008

Nous y sommes. M. Eric Woerth veut économiser 5 milliards sur les dépenses de l’Assurance maladie. Pour ceux qui l’ignorent, cette offensive est l’aboutissement du plan proposé par M. Chadelat en 2003 : transférer vers les assurances complémentaires une part importante des dépenses maladies. Nous avons en son temps dénoncé ce plan qui d’une part, aggrave les inégalités de santé qui sont déjà énormes et, d’autre part, ne pose pas la véritable question de la diminution des dépenses de soins par le développement d’une véritable lutte contre les causes des maladies. Qu’il nous soit permis de dire à tous ceux qui appellent aujourd’hui à l’effort collectif, qu’il est bon de balayer devant sa porte et de commencer par arrêter de creuser les déficits en gaspillant l’argent des cotisants avec : le dossier médical personnel, la photo d’identité sur la carte Vitale, la nouvelle lubie du management de la maladie à l’américaine comme le propose l’expérience “sophia” sans compter l’oubli de payer les créances de l’Etat envers l’Assurance maladie et ainsi de suite. Et comme on ne change pas une politique économique qui ne marche pas, on se refuse toujours d’aller chercher l’argent de la protection maladie dans les poches pleines des profiteurs des niches fiscales. Le trou de la Sécu n’est pas une fatalité, il est construit.
Le gouvernement va tenter par sa nouvelle loi sur le financement de l’Assurance maladie de réduire “le panier de soins” remboursé par l’Assurance maladie. Avant le débat sur la loi prévu en fin d’année, nous allons entendre le son de la propagande sur l’irresponsabilité des malades, le gaspillage des médecins etc., etc., puis ensuite il y aura la réforme des affections longue durée, l’arrêt du remboursement de certaines prestations et de médicaments, des contrôles de plus en plus tatillons, pour enfin déboucher sur la définition d’un panier de soins réduit au minimum qui sera pris en charge par l’Assurance maladie qui est de moins en moins solidaire.
La véritable question n’est pas de savoir à quelle sauce le système de protection maladie va être détruit, c’est de savoir si nous sommes capables nous les soignants de nous y opposer. La passivité avec laquelle les médecins ont réagi face aux franchises ne présage pas d’une prise de conscience rapide de ce qui se joue actuellement. Demain, il sera trop tard pour dire que nous ne voulons pas être les soignants d’une société où il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade.
Didier Ménard (SMG)
Nos peines
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