Santé

Premier cas de peste importé aux Seychelles

Conséquence de l’épidémie à Madagascar

Manuel Marchal / 13 octobre 2017

Les Seychelles ont connu leur premier cas de peste importé de Madagascar. Une quarantaine de 6 jours est imposée aux voyageurs venant de la Grande Île et les liaisons d’Air Seychelles avec Madagascar sont suspendues. D’autres mesures sont prévues pour La Réunion.

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Les aéroports malgaches ne sont plus desservis par Air Seychelles.

Les Seychelles paient un lourd tribut à cause de la peste à Madagascar. L’entraîneur d’une équipe de basket est décédé après avoir contracté la maladie dans la Grande île. Hier, les autorités seychelloises ont déclaré un premier cas de peste importée. Des mesures immédiates permettent de penser que le patient sera sauvé.

En attendant, les Seychelles imposent désormais une quarantaine de 6 jours pour tout voyageur venant de Madagascar. Pour sa part, la compagnie nationale Air Seychelles suspend ses liaisons vers la Grande Île.

À La Réunion, la France, responsable de la santé publique de la population, a pris d’autres mesures dont voici le contenu :

« Afin de tenir compte de l’évolution de l’épidémie à Madagascar, Amaury de Saint-Quentin, préfet de La Réunion, s’est assuré que l’ensemble des services de l’État concernés anticipe un éventuel risque d’importation de cas de peste à La Réunion et soit en mesure de détecter et de prendre en charge rapidement et efficacement une personne présentant les symptômes de la maladie dès son arrivée.
Ces symptômes (forte fièvre, toux, détresse respiratoire, détérioration brutale de l’état de santé) sont connus de l’ensemble des acteurs aériens et maritimes en lien avec Madagascar.
Depuis le début de l’épidémie, l’ARS-Océan Indien a informé les praticiens de santé des conduites à tenir et a diffusé des informations à l’attention du grand public, des agences de voyages et des organisateurs de voyages. Les autorités portuaires et aéroportuaires sont informées des conduites à tenir pour prévenir tout cas importé et, le cas échéant, prendre en compte les suspicions de cas de peste en lien avec les services du SMUR et l’ARS-Océan Indien. Les modalités de traçabilité des personnes en contact avec le malade ont été formalisées, pour des entrées par avion ou par bateau.

Les personnes qui envisagent un déplacement à Madagascar ou qui reviennent de cette île, sont invitées à consulter le site internet du ministère des affaires étrangères dans son onglet « Conseils aux voyageurs » (www.diplomatie.gouv.fr) et le site de l’ARS-oI (https://www.ocean-indien.ars.sante.fr) . En cas de fièvre après un séjour à Madagascar, contactez le 15 en mentionnant votre voyage ».

Pour le moment, les liaisons directes restent possibles, et les mesures de quarantaine ne sont pas à l’ordre du jour dans notre île. Rappelons qu’il suffit qu’une seule personne porteuse de la maladie entre à La Réunion pour qu’une épidémie puisse commencer. À la différence du chikungunya, la peste n’a pas besoin de moustique pour se répandre. Elle se transmet par les voies aériennes du corps humain. Fort heureusement, il est possible de guérir de la peste, à condition que le mal soit traité à temps. Malgré tout, il y a lieu de s’interroger sur la différence qui existe entre les mesures prises aux Seychelles et à La Réunion. Car quand ils se rendent à Madagascar, les Seychellois et les Réunionnais peuvent aller dans des régions touchées par l’épidémie de peste.

M.M.