Santé

Première Journée sans alcool à La Réunion

À l’initiative de la Fédération Régionale d’Addictologie de la Réunion (FRAR) et de l’association Les Maillons de l’espoir

Témoignages.re / 24 septembre 2018

L’organisation de la première Journée sans alcool à l’initiative de la Fédération Régionale d’Addictologie de la Réunion (FRAR) et de l’association Les Maillons de l’espoir se tiendra le samedi 6 octobre. Dans un communiqué diffusé hier, les organisateurs précisent leur démarche.

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« Il existe des journées sans tabac, sans portable, sans Facebook, des journées du diabète, de l’hypertension,…du tricot ! Mais étonnement pas de journée sans alcool alors que l’alcool est un problème majeur de santé publique dans le monde, en France et en particulier à La Réunion.

Lors de cette journée, nous effectuerons une Marche blanche en reconnaissance de toutes les victimes de l’alcool (patients et leurs familles, victimes de violence, etc) à partir de 10 h à Saint-Denis . Nous aimerions remobiliser les autorités, nos élus et la population sur ce thème afin de sortir du fatalisme d’usage. En effet, La Réunion est la deuxième région la plus durement touchée par la problématique alcool avec des lois d’exception qui favorisent la vente d’alcool fort à très bas prix, une publicité massive en faveur de l’alcool, la non-application de la loi. Plus de 80 % des actes de violence surviennent sur fond d’alcoolisation. 30 à 50 % des accidents mortels sont liés à l’alcool.
Localement une fiscalité spécifique exonère en grand partie de taxes les spiritueux et leurs dérivés issus de la production de cannes à sucre vendus sur place3. Ce qui permet à La Réunion, d’observer le prix de l’alcool pur le moins cher de France alors que les produits alimentaires coûtent en moyenne 20-30 % plus chers que dans l’Hexagone. Il s’agit d’une inégalité majeure de santé et d’un scandale de santé publique. Les spiritueux occupent une place très importante dans la consommation locale avec des conséquences aggravées et plus rapides.
- La publicité sous de multiples supports, aux bords de nos routes et ailleurs, est massive. Elle donne une image normalisée de la consommation d’alcool, favorise le démarrage précoce des consommations chez les jeunes, les ivresses répétées et massives.
- Le coût social de l’alcool (mortalité, maladies, incarcérations, ..) est considérable dans notre région, très largement supérieur à ses bénéfices (taxes, emploi, etc) : environ 10 fois supérieur. Nous sommes confrontés à un problème majeur de santé publique.

Dans la dernière publication de l’ORS, il est estimé que la mortalité réelle liée à l’alcool est de 450 décès annuels ; soit plus de 10 % de la mortalité. Il s’agit d’une mortalité évitable.

Dans le PRS (nouveau Plan Régional de Santé de l’ARS-OI), nous constatons avec stupeur que l’alcool et les addictions ne sont plus une priorité de santé. Ce n’est pas acceptable.
Nous aimerions remobiliser les autorités et la population autour de ce thème afin de sortir du fatalisme d’usage via l’application de mesures simples et cohérentes. »