Santé

Santé : « Un projet inéquitable »

Réforme gouvernementale

Témoignages.re / 23 juin 2004

La semaine dernière, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a remis au Premier ministre 800.000 pétitions portant l’exigence d’une réforme de l’assurance maladie radicalement différente de celle qui est proposée par le gouvernement et qui sera soumise aux députés mardi prochain. La protestation contre la remise en cause du droit à la santé pour tous continue.
Rappelons qu’ATTAC Réunion organise un débat ce mercredi 23 juin à la MJC de Château-Morange à 18 heures 30 sur l’accès aux soins pour tous.

"Nous continuons, tant qu’il est encore temps - le débat parlementaire n’est pas encore ouvert -, à dire sur quoi et pourquoi il y a un certain nombre des options présentées qui ne nous conviennent pas et qui sont, selon nous, contraires aux besoins que nous avons en matière de réforme de Sécurité sociale", a insisté Bernard Thibault, à l’issue d’un entretien d’une heure trente avec le Premier ministre jeudi soir.
Venu en personne déposer 773.000 signatures de la pétition "Pour la santé, la Sécu c’est vital", sur les 846.468 recueillies par les militants de la CGT, le secrétaire général de la confédération a réitéré ses critiques vis-à-vis de la réforme gouvernementale exposée en Conseil des ministres mercredi dernier. "Un projet inéquitable", a-t-il résumé, regrettant une fois de plus que les vraies questions à mettre en débat pour une réforme solidaire de la couverture de santé n’aient pas été mises sur la table, notamment des modalités de financement autres que la CSG ou le développement de la prévention.
Accompagné de Daniel Prada, responsable de l’assurance maladie pour la confédération, il a mis en doute les dires du Premier ministre sur le sens du projet de loi : "Il ne suffit pas de dire que la réforme va améliorer le système, comme le fait le gouvernement, pour que ce soit le cas".

Maintenir la pression

Bernard Thibault a clairement indiqué que la CGT s’inscrit dans un combat de longue haleine pour la Sécurité sociale, et a affiché la volonté de maintenir la pression "les prochains jours et les prochaines semaines". Il a annoncé, dans les départements, des "visites aux parlementaires dans leur permanence" avec des salariés, la poursuite de la campagne de pétition et, le 29 juin prochain - l’examen du texte débutant à l’Assemblée nationale -, une journée d’action dans les entreprises et les départements. Alors que la CFDT, elle-même engagée dans un processus de pression sur les parlementaires, a organisé avec la Mutualité sa propre journée d’action hier, Bernard Thibault a précisé que la CGT était prête à s’associer au plan local, "si nous sommes sollicités", ce qui n’est pas le cas pour le moment.

Pas d’accord avec la réforme d’EDF

Autre sujet de discussion, ou plutôt de discorde, entre le Premier ministre et le secrétaire général de la CGT : le sort d’EDF-GDF. D’autant plus que la veille, sur TF1, Jean-Pierre Raffarin avait durci le ton à l’égard des grévistes, engageant la direction d’EDF à prendre des "sanctions" contre des "comportements illégaux". Cent plaintes contre X ont été déposées par celle-ci le lendemain de la prestation du Premier ministre. Bernard Thibault a donc mis en garde : "Nous n’accepterons pas le recours à quelque sanction que ce soit", prévenant le gouvernement des risques, avec une telle attitude, "d’envenimer encore davantage la situation".
Sur le fond du dossier, Bernard Thibault a stigmatisé "un choix politique, voire idéologique", concernant la privatisation de l’entreprise. Tout en se félicitant au passage que M. Raffarin l’ait assuré qu’il n’était "absolument pas question de changer le statut" de la SNCF, pourtant soumise aux mêmes impératifs européens, il a déploré que le gouvernement ne veuille pas entendre les arguments syndicaux en faveur du maintien de celui, identique, d’EDF et de Gaz de France.


Rectificatif

Dans notre édition d’hier en page 16, un article a été consacré au programme d’exploration de diamants à Madagascar par une compagnie canadienne, Majescor. Deux erreurs se sont glissées lors de la conversion des dollars canadiens en euros : 2.000 dollars canadiens équivalent à 1.207 euros et 100.000 dollars canadiens à 60.400 euros, pour un dollar canadien égal à 0,80 centime d’euro.
Nous prions nos lecteurs de nous excuser pour cette erreur.