APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Gélita Hoarau sur Télé Réunion
28 décembre 2005

Invitée hier soir du journal de Télé Réunion, la sénatrice Gélita Hoarau a confirmé le chiffre donné la veille par le service public d’information de la part des professionnels de santé sur les 30.000 cas de malades touchés par le chikungunya.
Lundi soir, Télé Réunion a diffusé dans son journal un reportage sur l’épidémie de chikungunya à La Réunion. À cette occasion, la station du Barachois a cité le chiffre de "30.000 malades selon les professionnels de santé". Un chiffre très au-dessus de celui donné par les services officiels et qui tourne autour de 5.860 le 18 décembre.
De même, le chiffre donné par RFO sur la vitesse d’extension de l’épidémie est très supérieur au chiffre officiel : ce dernier est de 48 nouveaux malades par jour entre le 13 et le 18 décembre, alors que dans le reportage de Télé Réunion, on a parlé de 150 nouveaux cas par jour dans le seul quartier de La Rivière Saint-Louis.
"Une vraie catastrophe sanitaire"
Un médecin de La Rivière, le docteur Pascal Thomas, interrogé par RFO, disait : "rien que ce matin, en trois heures, j’ai recensé 11 cas dans mon cabinet".
Il signalait même que deux de ses patients étaient "décédés, non pas du chikungunya, mais des suites de la maladie" et que cette épidémie est une "vraie catastrophe sanitaire".
Le médecin riviérois ajoutait : "il faudrait beaucoup de moyens en personnels et en argent pour combattre l’épidémie qui risque de s’installer durablement".
Une lettre aux élus
Hier soir, invitée du journal de Télé Réunion, Gélita Hoarau a confirmé toutes ces informations, qui recoupent celles qu’elle a recueillies par ailleurs, auprès des acteurs de terrain. Et d’ajouter : "l’ampleur de l’épidémie est telle qu’il faut aider La Réunion car notre île n’a pas les moyens exceptionnels nécessaires pour combattre ce mal".
C’est pourquoi la sénatrice de La Réunion a demandé à l’État de faire de ce travail une cause nationale et donc de donner à La Réunion les moyens suffisants et adaptés d’éradiquer la maladie.
Elle a également demandé au président du Sénat de constituer une mission sénatoriale pour venir enquêter sur la maladie, travailler avec tous les acteurs de santé et étudier avec eux les moyens d’accomplir cette œuvre.
Hier soir, Gélita Hoarau a annoncé qu’elle allait écrire à tous les élus locaux et nationaux de La Réunion et leur transmettre ce courrier adressé à Christian Poncelet afin que cette mobilisation soit l’affaire de tous.
Le coût économique et humain de l’épidémie
C’est pourquoi la parlementaire réunionnaise a appelé tous les Réunionnais à "mettre la main ensemble pour demander au gouvernement de faire de la lutte contre le chikungunya une cause nationale afin de donner à La Réunion les moyens de stopper cette épidémie".
Gélita Hoarau a cité le précédent du paludisme dans les années cinquante du siècle dernier. À l’époque, ce fléau a été éradiqué grâce notamment à un service de prophylaxie efficace, dit-elle, en ajoutant qu’aujourd’hui il y a des jeunes qui sont disponibles pour être formés par la DRASS et pour constituer un tel service.
Une telle mesure est d’autant plus nécessaire, déclare Gélita Hoarau, que "nous sommes dans une zone sensible et qu’il y a un risque de résurgence du paludisme".
L’enquête diffusée hier soir par Télé Réunion juste avant cet entretien sur le coût économique de l’épidémie de chikungunya donne raison à la sénatrice. Il y a aussi le coût humain. Plus que jamais l’heure est donc à la mobilisation générale contre le chikungunya.
L. B.
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