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4 juin, parNos peines
Communication de Gélita Hoarau au Sénat sur le chikungunya - 2 -
4 mars 2006

Voici le second volet de la communication présentée mercredi dernier par Gélita Hoarau lors de l’audition de la commission des affaires sociales du Sénat sur l’épidémie de chikungunya dans notre île et dans les pays voisins. Dans un premier temps, la sénatrice de La Réunion a rappelé une brève chronologie de cette catastrophe qui, dit-elle, ’aurait pu être sinon évitée mais atténuée si l’on avait pris les mesures qu’il fallait au moment opportun’. Et de demander que l’on tire les enseignements de ces carences et erreurs.
Face à la négation d’une réalité, comme à la sous-estimation de la menace de l’épidémie, deux questions se posent, deux questions s’imposent :
1) Est-ce l’état des connaissances scientifiques sur le chikungunya qui explique l’attitude de la DRASS et de certaines autorités ?
2) Ou au contraire, y a-t-il eu une erreur manifeste d’appréciation, dont nous payons aujourd’hui très gravement les conséquences ?
Si je pose ici devant vous ces questions ce n’est nullement pour instruire je ne sais quel procès. L’heure n’est pas à la polémique mais au rassemblement de toutes les forces pour triompher du chikungunya. Mais l’heure est aussi à la vérité. Vérité attendue par toutes les Réunionnaises et tous les Réunionnais. Vérité qui contribuera à restaurer la confiance nécessaire pour une meilleure mise en œuvre des mesures de prévention.
3.000 cas officiellement,
20.000 selon les médecins
À la sortie de l’hiver austral, les chiffres officiels indiquaient que le chikungunya touchait 3.000 personnes environ.
Mais la réalité était toute autre ; c’est pourquoi, dès la rentrée parlementaire, j’ai attiré l’attention du ministre de l’Outre-mer, devant notre commission, sur la gravité de la situation et les multiples questions qu’on était en droit de se poser.
J’ai aussi - je l’avoue, par un détournement de procédure - saisi l’opportunité du débat sur la grippe aviaire, pour témoigner devant la représentation nationale que nous étions avec le chikungunya face à une "véritable épidémie" qui, selon les médecins de La Réunion, touchait déjà plus de 20.000 personnes.
En réponse, il m’a été indiqué que le Gouvernement débloquait 52.000 euros.
10 % de morts de plus l’an dernier qu’en 2004
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Comme l’a rappelé ma collègue Anne-Marie Payet, c’est un Réunionnais sur cinq qui est touché ; soit 160.000 personnes. 160.000 “chikungunyés”, comme on dit aujourd’hui chez nous. Ramené à la population française, ce chiffre est de 11 millions d’habitants.
Et cette maladie, qui fut qualifiée de “non mortelle”, a causé la mort directe ou indirecte de 77 personnes. (1)
Permettez-moi de souligner que la mortalité en 2005 est de 10% plus élevé qu’en 2004. Cela soulève de nombreuses interrogations au sein de la population réunionnaise, et je crains malheureusement que la réalité liée au chikungunya soit sur ce plan encore plus sombre qu’elle ne l’est déjà.
La plus grave crise depuis 60 ans
Je ne reviendrai pas en détail sur les nombreux points soulevés par ma collègue Anne-Marie Payet et je ne m’aventurerai pas sur le volet scientifique. J’écouterai avec beaucoup d’intérêt les éminents experts qui s’exprimeront après moi et sur lesquels reposent aussi l’espoir de notre population de sortir de cette crise.
Je voudrais juste témoigner de la réalité de la vie réunionnaise actuellement.
Nous sommes confrontés à la plus grave crise depuis soixante ans.
Cette crise est certes sanitaire mais elle recouvre de nombreuses autres dimensions.
(à suivre)
(1) Selon “le JIR” d’hier, le nombre de malades estimé la veille par la Cellule inter-régionale épidémiologique (CIRE - La Réunion - Mayotte) à la date du 26 février était de 186.000 dans notre île et 93 personnes étaient mortes plus ou moins directement du chikungunya.
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