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18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Accompagner le BTP dans la crise du chikungunya
4 février 2006

L’appel à la solidarité des retraités, lancé par le préfet, pour suppléer les responsables des petites entreprises, particulièrement menacées par le chikungunya, n’est pas la meilleure solution. Beaucoup de demandeurs d’emplois ont ici les capacités de leur apporter un soutien technique, administratif ou de manutention pour les aider à surmonter la crise. Avec un taux de chômage de 31% à La Réunion, cette solution mérite un examen plus attentif. La solidarité peut être payante.
Le chikungunya est une catastrophe naturelle. L’alerte sanitaire, sociale, mais aussi économique engendrée par l’épidémie ébranle la société réunionnaise dans son ensemble. Ses deux poumons économiques, le tourisme et le BTP, ne sont pas épargnés par l’attaque virale. La FRBTP recense 41 entreprises touchées par la maladie sur 56 enquêtées entre le 15 et le 31 janvier. Avec 15.000 nouveaux cas hebdomadaires, le pic épidémique n’est pas atteint. Les 19.000 salariés des 2.540 entreprises et artisans employeurs du BTP ne sont pas à l’abri.
8 salariés sur 20 malades
Bernard Tillon, secrétaire général de la Fédération réunionnaise du BTP, nous livrait hier les résultats de l’"enquête rapide" réalisée par ses services sur la période de reprise de l’activité du secteur, aux alentours des 15 et 20 janvier selon les entreprises, avec une synthèse arrêtée le 31 janvier. Sur les 56 entreprises pour l’instant interrogées, 41 n’ont pas échappé au chikungunya et 33 ont enregistré des arrêts de travail généralement d’une dizaine de jours. Sur 3.000 salariés, 197 ont déclaré la maladie soit 6,5% des effectifs. Cela représente en moyenne par entreprise 32 jours d’incapacité à travailler pour 4 à 5 salariés infectés. "C’est une véritable épreuve physique et économique", précise Bernard Tillon, surtout pour les petites entreprises qui se retrouvent avec 8 salariés sur 20 malades. Même s’ils ne le sont pas simultanément, le travail se retrouve totalement désorganisé. Si le chef d’entreprise qui gère à la fois le volet administratif, technique, l’organisation du chantier et qui y participe, est touché, la situation devient plus difficile. Il suffit que cela concerne une petite entreprise artisanale, que le patron et sa femme qui le soutient soient malades et c’est la catastrophe. En début d’année, alors que l’activité reprend juste, cela se gère difficilement et cela ne pourra que s’empirer dans les jours à venir. La solution ? "Soit on fonctionne avec les moyens du bord, soit on recrute."
Puiser dans les compétences locales
Lors de la réunion des socioprofessionnels à la préfecture, Bernard Tillon a suggéré au préfet de "trouver le moyen de mettre en place un adjoint, un suppléant" pour aider les petites entreprises à poursuivre leur activité."Il faudrait que sur le plan économique l’entreprise puisse réembaucher temporairement un adjoint administratif, si le chef d’entreprise ou son épouse ne peuvent plus assumer cette tache, ou un adjoint technique sur le terrain, pour le seconder, faire les travaux au coup par coup", explique Bernard Tillon. "Il faut une solution d’accompagnement." Plutôt que de faire appel aux retraités, qui après des années d’exercice et un repos mérité peuvent s’avérer moins endurant, la FRBTP soutenue dans ce sens par la Direction du Travail, estiment que les demandeurs d’emploi de La Réunion, jeunes ou moins jeunes, ont les compétences pour assumer des taches techniques, administratives, de manutentions. "C’est à la fois pour eux une expérience momentanée, une découverte du secteur qui peut même, peut-être demain, leur donner envie de se former, d’y rester. On peut certainement trouver une solution pas trop coûteuse, pour les entreprises déjà handicapées, qui offrirait en plus à des personnes sans emploi l’opportunité d’entrer dans la branche." Pour Bernard Tillon qui sera, au coté des socioprofessionnels du secteur, reçu lundi par la collectivité régionale qui les a conviés à une réunion d’échanges, cette proposition mérite d’être examinée. "Il faut positiver, essayer de transformer un handicap en atout."
Estéfani
An plis ke sa
6 à 10% des salariés touchés selon le MEDEF
Le sondage réalisé par le syndicat des patrons auprès des entreprises locales fait état d’un niveau variable de 6 à 10% des effectifs touchés, avec des arrêts maladie de 5 jours en moyenne. Maladie hétérogène, de plus en plus de cas de rechute sont enregistrés. Le MEDEF se dit particulièrement préoccupé par le secteur touristique, touché de plein fouet, et dont la baisse d’activité de 30 à 50% aura forcément un impact sur les autres secteurs économiques. Il convient de faire appel à un spécialiste de la communication pour proposer enfin une image cohérente de la situation sanitaire à La Réunion, afin de rassurer touristes et tours opérateurs. On se rend bien à Madagascar alors qu’il y a le paludisme !
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