Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
« Pourquoi nous bombarder de données macabres sans jamais parler des véritables conditions de vie des victimes ? »
16 juillet 2021, par

« Nous avons fait le choix individuel de nous faire vacciner mais nous refusons d’être utilisés par quiconque – fut-il président – lorsqu’il nous range parmi les « bons » citoyens pour honnir celles et ceux qui ne font pas confiance aux stratèges du tout vaccin. Alors, vaccin pour qui veut mais, pour nous, le vaccin le plus durable et le plus efficace se trouve dans les conditions de vie des gens. Et c’est aux présidents et à leurs gouvernements qu’incombe la mission sacrée de déclarer la guerre aux inégalités plutôt qu’à leurs victimes. »
Nous, Claudette et Jean, sommes déjà vaccinés.
C’est notre choix.
Pour autant nous ne pouvons rester sans réaction face à la brutalité du propos et des décisions d’un président de la République nageant en pleine absurdité.
Au-delà de l’illégalité consistant à tenter de convaincre en menaçant d’interdire de travailler toutes celles et ceux qui ne sont pas convaincus de l’innocuité des vaccins, n’est-il pas absurde de proférer des menaces de suppression de salaire et de licenciement à l’encontre de celles et ceux que l’imprévoyance du gouvernement a mis en grand danger lors des 3 premières vagues de la pandémie ?
« Nous sommes en guerre ! » mais sous-estimation du danger (la grippette), pas de masques ni de blouses ou de charlottes, pas de médicaments ni de tests en quantité suffisante, maintien des plans de suppressions de lits et de postes hospitaliers à tous les niveaux, surcharges de travail, suppressions de congés, etc, le tout accompagné de chipotages mesquins quand il s’est agi de passer à la revalorisation des salaires et des moyens pourtant publiquement promis.
Conséquences de cette accumulation d’incohérences engendrant des états de fatigues inhumaines et une démoralisation de nombreux personnels de santé : l’urgence pour les plus fragiles d’entre eux de renoncer à leur sacerdoce pour ne pas mettre leur propre vie en danger.
Et c’est dans cet état de doute et de manque aggravé de personnel hospitalier qu’un président choisit de brandir la menace d’une interdiction de travailler et d’une suppression de salaire, à l’encontre de celles et ceux qui – au mépris de leur propre vie – ont sauvé la vie de milliers de malades victimes d’un virus et de l’impréparation (quasi criminelle ?) d’un président – “infectiologue” autoproclamé – et d’un gouvernement ayant failli à sa mission consistant à prévoir afin de protéger la vie de tous.
Nous avons fait le choix individuel de nous faire vacciner mais nous refusons d’être utilisés par quiconque – fut-il président – lorsqu’il nous range parmi les “bons” citoyens pour honnir celles et ceux qui ne font pas confiance aux stratèges du tout vaccin.
Si le président et son gouvernement veulent convaincre de leur volonté de protéger tous les citoyens et tous les hôtes de la République, il leur faut tirer les enseignements des 3 vagues pandémiques.
Où la pandémie a-t-elle le plus frappé ?
Qui sont ses principales victimes ?
Quel est leur statut social ?
Quelles sont leurs conditions de logement, de salaire, d’accès aux soins ?
À quelles quantités et qualité de nourriture ces personnes ont-elles quotidiennement accès ?
Pourquoi nous bombarder de données macabres sans jamais parler des véritables conditions de vie des victimes ? Et pour ne pas avoir à publier ces données – véritable état des lieux du pays – est-il impertinent de penser que l’exigence de la vaccination pour tous, en permettant de mélanger quartiers favorisés et défavorisés, masquerait ainsi l’étendue toujours plus vaste d’une France abandonnée et toujours plus pauvre ?
Serait-il exagéré de voir dans cette situation d’exclusion – dont la classe moyenne à son tour devient la victime – l’une des raisons essentielles de la survenue récurrente d’épisodes pandémiques aussi meurtriers ?
Alors, vaccin pour qui veut mais, pour nous, le vaccin le plus durable et le plus efficace se trouve dans les conditions de vie des gens.
Et c’est aux présidents et à leurs gouvernements qu’incombe la mission sacrée de déclarer la guerre aux inégalités plutôt qu’à leurs victimes.
Claudette et Jean
Nos peines
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