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Afrique du Sud : une étude réalisée sur près de 2,8 millions de personnes décrit un variant bien différent des autres souches de la COVID-19
3 décembre 2021

« Des questions urgentes subsistent quant à savoir si Omicron est également capable d’échapper à l’immunité induite par le vaccin et les implications potentielles d’une immunité réduite à l’infection sur la protection contre les maladies graves et la mort », souligne le résultat d’une étude sur la réinfection de personnes déjà contaminée par un des premiers variants de la COVID-19. En effet, le variant Omicron augmente le risque de réinfection. « Les preuves au niveau de la population suggèrent que la variante Omicron est associée à une capacité substantielle à échapper à l’immunité d’une infection antérieure. », souligne une étude sud-africaine sur près de 2,8 millions de personnes ayant déjà été infectée par la COVID-19.
L’étude de Juliet R.C. Pulliam, Cari van Schalkwyk, Nevashan Govender, Anne von Gottberg, Cheryl Cohen, Michelle J. Groome, Jonathan Dushoff, Koleka Mlisana, Harry Moultrieau avait pour but d’examiner si le risque de réinfection par le SRAS-CoV-2 a changé au fil du temps en Afrique du Sud, dans le contexte de l’émergence des variants Beta, Delta et Omicron. L’étude a porté sur 2 796 982 personnes atteintes du SRAS-CoV-2 confirmé en laboratoire qui ont obtenu un résultat de test positif au moins 90 jours avant le 27 novembre 2021.
Les personnes ayant des tests positifs séquentiels à au moins 90 jours d’intervalle ont été considérées comme suspectées de réinfection.
35 670 réinfections suspectées ont été identifiées parmi 2 796 982 personnes atteintes du SRAS-CoV-2 confirmé en laboratoire qui ont eu un résultat de test positif au moins 90 jours avant 27 novembre 2021.
Contrairement aux attentes, le rapport de risque estimé pour la réinfection par rapport à l’infection primaire était plus faible pendant les vagues entraînées par les variantes Beta et Delta que pour la première vague (rapport de risque relatif pour la vague 2 par rapport à la vague 1 : 0,75 (IC95 : 0,59-0,97) ; pour vague 3 versus vague 1:0,71 (IC95 : 0,56-0,92)).
Bien que des augmentations du risque d’infection primaire aient été observées après l’introduction des variantes Beta et Delta, aucune augmentation correspondante n’a été observée dans le risque de réinfection. Contrairement aux attentes, le rapport de risque estimé pour la réinfection par rapport à l’infection primaire était plus faible pendant les vagues entraînées par les variantes Beta et Delta que pour la première vague (rapport de risque relatif pour la vague 2 par rapport à la vague 1 : 0,75 (IC95 : 0,59-0,97) ; pour vague 3 versus vague 1:0,71 (IC95 : 0,56-0,92)).
En revanche, la propagation récente de la variante Omicron a été associée à une diminution du risque d’infection primaire et à une augmentation du risque de réinfection. Le rapport de risque estimé pour la réinfection par rapport à l’infection primaire pour la période du 1er novembre 2021 au 27 novembre 2021 par rapport à la vague 1 était de 2,39 (IC95 : 1,88-3,11).
Les preuves au niveau de la population suggèrent que la variante Omicron est associée à une capacité substantielle à échapper à l’immunité d’une infection antérieure. En revanche, il n’y a aucune preuve épidémiologique à l’échelle de la population d’une évasion immunitaire associée aux variantes Beta ou Delta. Cette découverte a des implications importantes pour la planification de la santé publique, en particulier dans des pays comme l’Afrique du Sud avec des taux élevés d’immunité contre une infection antérieure. Des questions urgentes subsistent quant à savoir si Omicron est également capable d’échapper à l’immunité induite par le vaccin et les implications potentielles d’une immunité réduite à l’infection sur la protection contre les maladies graves et la mort.
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