Sciences politiques

Le double camouflet infligé aux retraités par le président dagobérien

Radioscopie critique des postures d’Emmanuel Macron par André Oraison, Professeur des Universités, Juriste et Politologue

André Oraison / 9 octobre 2018

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André Oraison, Professeur des Universités, Juriste et Politologue

Dans quel état est aujourd’hui la France dirigée par Emmanuel Macron – le Prétendant miraculeux – qui promettait, la main sur le cœur, de changer le vil plomb en or lorsqu’il était candidat à l’élection présidentielle, tandis que les économistes macronophiles tombaient en pâmoison devant l’enfant prodige ? Après avoir raflé le pouvoir politique avec des paroles envoûtantes, M. Macron – le Président alchimiste – apparaît de plus en plus comme un charlatan qui, à ce jour, échoue dans tous les domaines. Une fois installé à l’Élysée en compagnie d’une oligarchie macronolâtre et ultralibérale, c’est un autre langage que le maître de céans fait entendre : ses paroles ne sont plus rassurantes. Le ton employé est devenu cassant et méprisant pour ceux qui sont au bas de l’échelle sociale. Le moment est donc venu de vous dire – M. le Président jupitérien – que les Français en général et les retraités en particulier sont devenus macronophobes : ils vous en veulent de ne pas avoir tenu vos promesses.

Après seize mois d’exercice solitaire du pouvoir, votre majorité s’effrite, vos boutades et facéties sont de moins en moins appréciées par vos sujets, dès lors que les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous. Beaucoup de citoyens qui ont voté pour vous le 7 mai 2017 ne vous supportent plus. Réalisé les 5 et 6 septembre 2018, le sondage Odoxa révèle que 7 Français sur 10 rejettent désormais le macronisme, entendez par là – M. le Président gaffeur – une philosophie qui veut nous faire croire qu’on peut se passer de la concertation avec les partenaires sociaux pour faire des réformes structurelles et, plus encore, que le secteur privé pourra se substituer au service public, jugé obsolète. Des millions de nos concitoyens survivent sous le seuil de pauvreté qui s’établit à quelque 1 000 euros par mois, tandis que la précarité alimentaire s’enracine dans toutes les régions, selon le Secours populaire. À ce sujet, soyons lucide : ce n’est pas votre pusillanime plan contre la pauvreté qui changera la donne, faute de moyens financiers à la hauteur de l’enjeu. Plus encore, nous devons ici dénoncer les sanctions que vous avez prises contre les retraités, vos aînés : bref, tous ceux à qui vous devriez en principe le respect.

I. Le premier camouflet infligé aux retraités : l’augmentation de la CSG.

En raison de vos postures antisociales et contrairement à la Grande Zohra, vous n’avez plus la baraka – M. le Président psychopathe – car tous les clignotants sont au rouge, ce qui explique votre dégringolade dans les fosses abyssales de l’impopularité. Le déficit de la balance commerciale s’accroît inexorablement tout comme le déficit budgétaire que vous avez bien du mal à faire passer sous le seuil des 3 % du produit intérieur brut (PIB), exigé par les traités européens. Ce déficit commence à affoler les autorités de Bruxelles au point d’envisager le scénario cauchemardesque de la mise sous tutelle de la France, comme ce fut le cas hier pour la Grèce. Le chômage ne baisse pas, malgré les aides financières aux employeurs et la casse du Code du travail que vous avez programmé. Le taux de croissance espéré à hauteur de 1,7 % par le Gouvernement doit être revu à la baisse, selon la Banque de France, et place en ce domaine notre pays au dernier rang parmi les États d’Europe occidentale. Par ricochet, l’économie générale de la France stagne au point que le FMI redoute que le ralentissement conjoncturel dans le pays que vous dirigez si mal ne se répercute sur l’ensemble des États de l’Union européenne. En reprenant un qualificatif emprunté à Molière dans « Le malade imaginaire », je dirais que c’est le crédit de la France – M. le Président diafoirus – qui est en train de pâtir à la suite de votre incapacité flagrante.

En voici un exemple probant : quand des personnes sont dans la gêne, on demande aussitôt à ceux qui sont nanti de leur venir en aide. Vous, c’est le contraire : vous faites de gros cadeaux fiscaux aux riches et vous faites payer le manque à gagner de l’État par les plus faibles ! Vous nous faites penser à un certain roi de France qui avait mis sa culotte à l’envers. Pour résoudre le déficit budgétaire que vous creusez en exonérant les classes aisées, vous décrétez que ce sont les retraités qui doivent passer à la caisse. Dans cette optique, vous avez décidé d’augmenter la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 % à compter du 1er janvier 2018 pour les retraités dont le revenu fiscal annuel atteint ou dépasse 14 375 euros pour une personne seule et 22 051 pour un couple. Faut-il vous rappeler – M. le Président dagobérien – que les retraités ont cotisé pendant plusieurs décennies pour financer leurs maigrelettes pensions lorsqu’ils étaient des actifs du secteur privé ou du secteur public ? Vous attaquez ainsi frontalement les anciens qui ont servi la France. Vous les taxez lourdement, tout en les humiliant au passage. Plus encore, vous reniez votre promesse de campagne selon laquelle les retraités ne verraient pas leur pouvoir d’achat diminuer et que seules seraient concernées les pensions des citoyens les plus riches. Or, il n’en est rien : en dépit d’un modeste correctif qui doit bénéficier aux plus petits pensionnés, l’augmentation de la CSG concerne plus de 60 % des retraités, soit près de 8 millions de personnes qui sont aujourd’hui désorientées. En vérité, vous voulez que les retraités que vous assimilez à des poids morts ou des rebus de la société – M. le Président gérontophobe – financent éternellement le tonneau sans fond des Danaïdes : entendez par là vos échecs patents aux plans économique et financier.

Dès lors, voici nos suggestions. Dans votre plan pour éradiquer la grande pauvreté qui est timoré au niveau de son financement, vous avez oublié de prévoir des mesures d’urgence pour les personnes âgées qui sont dans le fossé. Nous vous demandons en priorité de revaloriser les pensions de retraite les plus basses, celles qui sont inférieures à 1 000 euros nets mensuels, car c’est une honte pour un pays riche comme la France – la sixième puissance économique mondiale – que de tolérer que des retraités puissent vivoter dans la déchéance matérielle et morale. Vous devez aussi supprimer la hausse de la CSG de 1,7 % qui frappe injustement la majorité des retraités et, pour combler vos déficits cyclopéens, en appeler – M. le Président des « premiers de cordée » – à vos amis les riches en rétablissant l’impôt sur la fortune (ISF) qui rapportait plus de 4 milliards d’euros pas an au budget de l’État et, plus encore, en luttant sérieusement contre la fraude et l’évasion fiscale de vos très grands amis : les ultra-riches.

II. Le deuxième camouflet infligé aux retraités : la non protection contre l’inflation.

Pour combler les déficits engendrés par votre impéritie et inexpérience, vous, le soi-disant pédagogue qui aimez souvent expliquer à vos interlocuteurs vos desseins économiques en déambulant, vous récidivez en vous en prenant, derechef, à ceux qui sont au bord de la route. Peut-être que demain, demanderez-vous aux plus défavorisés de financer aussi la dette éléphantesque de la France ? Vous en êtes bien capable – M. le Président péripatéticien – dès lors que vous avez déjà pris la décision irrévocable de jeter dans la poubelle de l’Histoire les concepts d’État-providence et de service public à la française que le Conseil national de la résistance (CNR) avait réussi à instaurer à la Libération.

C’est sans état d’âme que vous gelez les prestations sociales : aide personnalisée au logement (APL), allocations familiales et pensions de retraite. La revalorisation de ces prestations n’interviendra qu’au 1er janvier 2019 – et pas avant – et elle ne le sera qu’au taux fixe de 0,3 % en 2019 et en 2020 alors même que l’inflation pourrait atteindre 1,8 % à la fin de l’année 2018, d’après les statistiques de l’INSEE. Ce sont donc ceux que vous appelez les « derniers de cordée », désignés comme boucs émissaires, qui, à ce titre, devront payer les pots cassés de votre inaptitude à juguler l’érosion monétaire et à faire progresser la croissance économique. Plus encore, dans le cadre de votre politique d’austérité, ceux sont, cette fois-ci, tous les retraités sans exception – une quinzaine de millions – qui vont voir leur pouvoir d’achat s’effondrer, dès cette année. Alors, j’ose vous interpeller : comment vont-ils faire pour se nourrir décemment, se loger, se déplacer et acheter des médicaments de plus en plus chers qui ne sont pas ou ne sont plus remboursés par la Sécurité sociale ? En cas de pathologies lourdes (Alzheimer, Cancer, Parkinson), inévitables avec l’augmentation de l’espérance de vie, comment feront-ils – M. le Président imprévoyant – pour financer leur placement dans des centres spécialisés ? S’ils sont dans l’impossibilité de le faire en raison de votre comportement antisocial, accepteriez-vous de les héberger aux Invalides, au Musée du Louvre ou mieux, à vos côtés, sous les lambris dorés du Palais de l’Élysée ?

Voici donc notre ultime requête. Arrêtez – M. le Président rétrograde – d’être le fossoyeur des droits sociaux. Arrêtez de faire financer les déficits budgétaires que vous êtes incapable de maîtriser par les économiquement faibles et pour éviter la chute progressive du pouvoir d’achat des retraités, pour les respecter, vous devez veillez à ce que leurs pensions amplement méritées – je vous le rappelle ici instamment – soient toujours indexées comme les salaires, c’est-à-dire au minimum sur l’inflation.

Sachez enfin que c’est pour vous aider et vous protéger contre vous-mêmes – M. le Président hier adoré et aujourd’hui abhorré – que je vous parle en ces termes. Il n’est jamais trop tard pour écouter la voix de la sagesse : comme l’avait fait au temps jadis le bon évêque Saint Éloi, je vous adjure – M. le Président Dagobert – de remettre votre culotte à l’endroit. Maintenant, faites gaffe : si vous continuez à mépriser et à tromper les Français, ils finiront par vous chasser de l’Élysée à grands coups de pied aux fesses et si ce que je dis ne vous agrée point, je vous invite en dernier ressort à venir me chercher.

André Oraison



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  • Voilà une réflexion extrêmement bien documentées et très pertinentes que beaucoup de citoyens vont apprécier et partager .En tout cas je suis de ceux là, même si je trouve le président Macron extrêmement intelligent et capable de comprendre tous les rouages de la société et de les faire fonctionner dans le sens de l’intérêt général . Il est intervenu récemment la tribune de l’ONU et j’ai apprécié particulièrement son discours qui a s’ailleurs séduit tout le monde . je pense qu’il a une vision du fonctionnement actuel du monde très précise et très claire et qu’il connait bien les moyens qui peuvent faire progresser le monde mais aussi notre pays .

    Mais Hélas nous ne sommes plus l’époque d’Alexandre le grand ou de Napoléon 1er où un seul homme pouvait changer le monde à sa guise . De nos jours de tels hommes ne peuvent plus exister car personne ne peut plus imposer sa volonté aux autres .Et le président Macron malgré toutes sa bonne volonté doit vivre avec son temps et défendre d’abord les intérêts de son monde à lui et revenir sur ses promesses et freiner là où il avait promis d’accélérer . Et malheureusement pour nous les retraités, nous sommes les moutons de Panurge les plus faciles tondre car nous n’avons plus la force de nous unir et de crier notre rage. face notre bourreau

    Tout ce que vous dites est vrai et particulièrement pour les retraités les mieux lotis qui peuvent sentir de manière plus sensible que les autres la baisse de leur pouvoir d’achat mais surtout pour ceux qui ont accepté d’apporter leur aide à l’Etat en réalisant des investissements défiscalisables et qui à la fin de leur défiscalisation n’arrivent pas à récupérer leur patrimoine parce que monsieur Macron autorise leurs locataires à rester dans les lieux s’ils ont plus de 65 ans ou parce qu’ils sont obligés de vendre leur patrimoine à perte pour pouvoir faire face leurs obligations . L’Etat encourage la défiscalisation mais se fiche pas mal du sort de ceux qui ont défiscalisé l’issue de la période de défiscalisation .

    Je croyais que la propriété individuelle était un droit fondamental garanti par la déclaration des droits de l’homme .Hélas non , puisque le président de la république ne permet plus aux propriétaires de jouir de leur bien et préfèrent privilégier leur locataires .

    Mais malgré tout ce que l’on peut lui reprocher monsieur Macron terminera son mandat et se représentera aux prochaines élections présidentielles avec des chances de l’emporter de nouveau si il n’y a personne pour lui opposer une candidature crédible aussi bien à droite comme à gauche . Certes monsieur Macron paiera cher sa politique actuelle , mais ce sera lors des prochaines élections municipales et lors des élections européennes qui mettront en place une majorité d’opposant au président de la République .Et je pense que si le ministre de l’intérieur monsieur Colomb préfère retrouver son fauteuil de maire de Lyon dès maintenant c’est certainement pour se démarquer du président de la république et se consacrer à son électorat pour ne pas prendre de coup de pieds aux fesse sa place . C’est probablement les mêmes raisons qui poussent monsieur Jupé à préférer la mairie de Bordeaux à un poste de ministre . Car les proches de monsieur Macron seront probablement balayé aux prochaines élections municipales .

    Mais comme la seule élection devenue vraiment légitime est devenue par la force des choses celle du président de la république . Monsieur Macron se retrouvera face au peuple dans 3 ans et pourra malgré tout l’emporter grâce son grand talent de séducteur et sa grande intelligence . Ce serait magnifique s’il mettait son talent et son intelligence au service des plus pauvres et des plus démunis .Mais il ne faut pas rêver .Monsieur Macron n’endossera jamais le costume du père Noël mais préférera toujours celui du père fouettard arrogant surtout vis à vis des jeunes et des retraités . C’est sans doute le privilège de sa jeunesse et de sa caste . Il nous faudra faire avec .

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