Discours d’Emmanuel Macron

Trois chantiers lancés pour masquer la contestation

19 avril 2023, par temoignagesceline

Durant 15 minutres, le président français Emmanuel Macron a tenté de passer à autre chose, après des semaines de mobilisations contre la réforme des retraite, devenue loi le 14 avril.

Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées en marge du discours du président de la République pour donner un « concert de casseroles », à l’appel d’organisations syndicales, altermondialistes et de figures politiques de gauche, de nombreux manifestants se sont rassemblés en cortèges sauvages.

Durant son allocution, Emmanuel Macron a regretté l’absence de consensus sur cette réforme des retraites, assurant avoir bien entendu la colère de la rue. "La réponse" face à la crise sociale "ne peut être ni dans l’immobilisme ni dans l’extrémisme."

Il a cependant de nouveau défendu sa réforme : "Ces changements étaient nécessaires pour garantir la retraite de chacun et pour produire plus de richesses pour notre nation", alors que les mesures entreront en vigueur progressivement à l’automne.

Emmanuel Macron a dévoilé les trois chantiers prioritaires représentant la feuille de route du gouvernement que la Première ministre, Élisabeth Borne, détaillera la semaine prochaine.

D’ailleurs, il a donné rendez-vous aux Français dans 100 jours, le 14 juillet prochain, pour faire un point sur les trois chantiers en cours. "Ces trois chantiers prioritaires doivent nous rassembler et rassembler les principaux responsables de la Nation et je m’y impliquerai. Et le 14 juillet prochain doit nous permettre de faire un premier bilan. Nous avons devant nous 100 jours d’apaisement, d’unité, d’ambition et d’action au service de la France. C’est notre devoir et je vous fais confiance. Je nous fais confiance pour y arriver", a-t-il déclaré.

1. Le chantier du travail. Emmanuel Macron veut lancer "un nouveau pacte de la vie au travail". Il a notamment annoncé une réforme du lycée professionnel "pour que le plus grand nombre de nos adolescents et de nos jeunes accèdent à des formations qualifiantes et à l’emploi" et va redoubler "d’efforts pour ramener vers le travail les bénéficiaires du RSA".

2. Le chantier de la justice et de l’ordre républicain et démocratique. "L’Etat de droit est notre socle. II n’y a pas de liberté sans lois, ni sans sanctions envers ceux qui transgressent le droit des autres", a ainsi lancé le chef de l’État.

Il a indiqué que l’État allait continuer à "recruter plus de 10.000 magistrats et agents" et "200 nouvelles brigades de gendarmerie dans nos campagnes". Il a assuré que des annonces fortes seront faites, dès le mois de mai pour "lutter contre toutes les formes de délinquance et toutes les fraudes". Emmanuel Macron a aussi confirmé sa volonté de renforcer "le contrôle de l’immigration illégale tout en intégrant mieux ceux qui rejoignent notre pays".

Des mesures de ce type sont déjà en cours à Mayotte avec l’opération "Wuambushu", qui vise à expulser des migrants comoriens, à détruire des logements jugés illégaux et à arrêter en masse. Pour cela, "un demi-millier de gendarmes et de policiers s’apprêtent à envahir l’archipel. (...) Leur mission ? Mettre fin à l’immigration illégale et mater les délinquants à la machette", a écrit Le Canard Enchaîné, dans son édition du 22 février 2023.

3. Le chantier du progrès (éducation et santé). Emmanuel Macron a promis une meilleure rémunération des enseignants dès la rentrée et plus de liberté. "L’Education nationale doit renouer avec l’ambition d’être une des meilleures d’Europe. Aussi, dès la rentrée, notre école va changer à vue d’œil : pour les enseignants, qui seront mieux rémunérés et auront plus de liberté, pour les élèves, qui seront davantage accompagnés en français et en mathématiques pour leurs devoirs, et pratiqueront plus de sport à l’école : pour les parents qui verront le remplacement systématique des enseignants absents", a-t-il encore indiqué.

Concernant la santé. "Notre système de santé sera aussi profondément rebâti. D’ici décembre, 600.000 patients atteints de maladie chronique qui n’ont pas de médecin traitant en disposeront. Et d’ici la fin de l’année prochaine, nous devrons avoir désengorgé tous nos services d’urgence", a détaillé Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat souhaite également améliorer le fonctionnement des institutions. "Je proposerai à cet égard des grandes pistes pour que le fonctionnement de nos institutions gagne en efficacité", a assuré ce dernier. En En difficulté, le chef de l’État a souhaité que soit construite des "coalitions et des alliances nouvelles" avec "toutes les forces d’action et de bonne volonté", afin de faire passer ses lois.

Par ailleurs, une planification écologique sera dévoilée d’ici l’été. "Notre système de santé sera aussi profondément rebâti. D’ici décembre, 600.000 patients atteints de maladie chronique qui n’ont pas de médecin traitant en disposeront. Et d’ici la fin de l’année prochaine, nous devrons avoir désengorgé tous nos services d’urgence", assure le président de la République.


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