Union européenne

La politique budgétaire post-covid-19 abordée par la l’Union européenne

La zone euro en ébulition

Témoignages.re / 16 février 2021

La question que se pose les membres de l’Union européenne est de savoir de quelle manière, et surtout quand, la politique budgétaire devra-t-elle être à nouveau resserrer. Le débat risque d’être long, selon les conclusions d’une réunion de l’Eurogroupe, le cercle des ministres des Finances de la zone euro.

En effet, les règles visant à limiter les déficits budgétaires (pas plus de 3% du PIB) et à réduire la dette ont été suspendues il y a un an maintenant, en même temps qu’ont été fortement assouplies celles limitant les aides d’État.

Ce relâchement visait à permettre aux États membres et à l’UE d’investir massivement dans leurs économies frappées par la crise sanitaire. Cette année encore, la clause dérogatoire générale autorisant d’échapper momentanément aux carcan budgétaire européen reste de mise.

Mais certains pays reparlent du Pacte de stabilité et de croissance. "La nécessité d’une politique monétaire et budgétaire coordonnée reste forte", a affirmé le président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe, à l’issue de la réunion.

Les grands argentiers s’inquiètent des problèmes qu’engendrerait une reprise asymétrique de l’économie européenne, qui créeraient une croissance disparate entre États membres, les uns à la traîne ou et d’autres avec une forte avance.

"Nous avons tous intérêt à un retour fructueux et collectif à la croissance économique", a affirmé Paschal Donohoe. Cependant, la flexibilité restera en place autant que nécessaire.

Pour l’heure, les experts doutent d’un retour aux règles budgétaires d’avant la crise, même si certains États membres le veulent comme les Pays-Bas ou la Finlande. La Belgique, par exemple, veut préserver de la flexibilité pour les investissements productifs et le financement des réformes structurelles.

Le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, va présenter les paramètres permettant d’envisager une sortie progressive de la clause dérogatoire générale. De son côté, Paschal Donohoe dit espérer un consensus d’ici l’été sur la politique budgétaire que les États membres devront mener, afin qu’ils anticipent leurs budgets 2022.