Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Réaffectation de 34,6 milliards d’euros de la politique de cohésion vers d’autres « priorités stratégiques »
27 mars, par

Le 25 mars, la Commission européenne annonce la réaffectation de 34,6 milliards d’euros de la politique de cohésion vers ses « priorités stratégiques ». Compétitivité et défense captent l’essentiel, loin devant le logement, l’eau et la transition énergétique. Message clair : la cohésion et l’agriculture passent après l’industrie de guerre. À La Réunion, l’inquiétude doit grandir.
Le 25 mars, la Commission européenne a officialisé un choix lourd de conséquences : 34,6 milliards d’euros des fonds de la politique de cohésion sont réaffectés pour répondre aux « priorités stratégiques » de l’Union européenne.
Dans le détail, 15,2 milliards iront à la compétitivité, aux technologies critiques, à l’innovation et aux compétences. 11,9 milliards renforceront les capacités industrielles de guerre, la mobilité militaire et la préparation civile. En face, 3,3 milliards sont prévus pour les logements abordables et durables, 3,1 milliards pour la résilience de l’eau et 1,2 milliard pour la sécurité énergétique et la décarbonation industrielle.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À eux trois, le logement, l’eau et la transition énergétique totalisent 7,6 milliards d’euros. C’est bien moins que les 11,9 milliards consacrés à l’industrie de la guerre. L’Europe fait le choix assumé de l’économie de guerre.
Cette décision marque un tournant politique. La politique de cohésion, censée réduire les inégalités entre les territoires et soutenir les régions les plus sous-développées comme La Réunion, n’est manifestement plus au cœur des priorités stratégiques.
Pour les régions sous-développées comme La Réunion, le signal est préoccupant. Les fonds de cohésion financent des infrastructures essentielles : écoles, réseaux d’eau potable, assainissement, équipements publics, soutien à l’activité économique locale. Réduire ou rediriger ces moyens, c’est ralentir le développement indispensable d’un pays confronté au chômage de masse et à la vie chère.
L’agriculture n’apparaît pas davantage comme une priorité stratégique. Or les producteurs réunionnais cumulent déjà les fragilités : éloignement, dépendance aux importations, coûts de production élevés. Ils vont être frappés de plein fouet par la hausse annoncée des prix des carburants et des engrais, intrants essentiels à la production. Moins d’aides structurelles européennes, plus de charges : l’équation est explosive.
Ce choix budgétaire pose une question de fond : quelle Europe voulons-nous ? Une Europe qui investit d’abord dans l’armement et la compétitivité industrielle, ou une Europe qui garantit l’égalité territoriale, l’accès à l’eau, au logement et à une énergie abordable ?
Derrière les tableaux financiers, ce sont des choix de société. En reléguant la cohésion et l’agriculture au second plan, l’Union européenne prend le risque d’aggraver les fractures internes. À La Réunion, où chaque euro européen compte, la population est en droit d’exiger des comptes. La solidarité ne peut pas être sacrifiée sur l’autel de la militarisation et de la concurrence économique mondiale.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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