La Réunion dans "Témoignages"

Appliquez la loi du 19 mars 1946 : abolissez le statut colonial dans les faits

18 mars 1946

Manuel Marchal / 17 avril 2008

« Au revoir et fraternité », c’est en ces termes qu’Aimé Césaire avait conclu son dialogue avec Paul Vergès lors de la célébration des 60 ans de l’abolition du statut colonial dans notre île en 2006.
Les Réunionnais doivent beaucoup aux luttes communes des progressistes de tout l’Outre-mer animées notamment par Aimé Césaire. Sans ce combat, marqué notamment par l’abolition du statut colonial le 19 mars 1946, La Réunion ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Nous percevons encore aujourd’hui les effets de cette loi. Elle a été en effet un point d’appui pour les luttes qui ont permis au peuple réunionnais de sortir peu à peu de la misère coloniale marquée par la famine, la pauvreté, la négation de droits humains tels que l’éducation, le logement et l’expression démocratique.
Toutes ces avancées, nous les devons au combat fraternel mené par tous les pères de l’abolition du statut colonial, et poursuivi par les générations suivantes.

Dès le début de son action politique, Aimé Césaire a participé aux côtés des Réunionnais à la lutte contre le colonialisme.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, les forces progressistes remportent de grandes victoires. C’est notamment à La Réunion l’élection de deux députés du CRADS : Raymond Vergès et Léon de Lépervanche.
Cet élan est partagé dans les autres pays de l’Outre-mer. En Martinique, Aimé Césaire est élu député. Le programme de nos illustres aînés converge vers un but : remettre en cause la structure coloniale de la société afin de libérer le peuple de la misère par l’application des lois sociales de la République.

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L’abolition du statut colonial est donc à l’ordre du jour de l’Assemblée constituante. Aimé Césaire est le rapporteur de la proposition de loi qui est présentée par Raymond Vergès, Léon de Lépervanche et leurs collègues du groupe communiste.

Malgré les résistances venant même du gouvernement, pour qui la libération du pays coûtait trop cher, le texte est voté à l’unanimité et est promulgué le 19 mars 1946.
Or, un an après, l’application de la loi est loin d’être une réalité. Les députés des nouveaux départements écrivent alors une lettre commune au Président du Conseil des ministres de la République.
Les députés rappellent que cette loi est « l’aboutissement d’un siècle d’espérances et d’efforts ». « Nous vous demandons de respecter la volonté du législateur en mettant tout en œuvre pour substituer au régime colonial, qui continue à nous être imposé, le régime départemental prévu par les textes et conforme à nos aspirations démocratiques ».

Parmi les signataires de cette lettres se trouvent Aimé Césaire, Léon de Lépervanche et Raymond Vergès. C’est un des événements fondateurs de la bataille pour l’application de la loi du 19 mars, à travers la lutte pour l’égalité sociale.



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Messages






  • Kamarade il ne faudra jamais oublié que l’Algérie aussi était département français. Ils ont osé, eux défier le colonialisme français il n’y a pas eu de compromission, la départementalisation n’a jamais abolit le statut colonial, sinon les algériens se seraient contenter de rester des sujets du majestueux Empire français, et il n’y aurait pas eu autant de sang versé pour un vraie décolonisation, pour que l’Algérie devienne une Etat Libre dans le concert des Nations Libre, ce que la loi du 19 Mars 46 ne le permet pas. Cette loi constitue un joug sur le cou des réunionnais et cela depuis plus d’un demi siècle, les promoteurs de cette loi scélérate ont voulu brider l’évolution du statut de notre pays, du moins ils l’ont crû. N’oubliez pas que quelque soit les artifices juridiques utilisés par le colonialisme ou ses mercenaires alimentaires, les peuples ont sû toujours trouver les chemins de la liberté, se libérer du joug colonial, le Vietnam, L’ Algérie et tous les autres colonies d’Afrique y compris nos frères de Madagascar et des Comores. Je souhaite que vous publierez ma contribution, je veux croire que chez vous la censure n’existe pas. C’est vrai, je ne pense pas comme vous. Je supporte de plus en plus mal mon étiquette de français

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