La Réunion dans "Témoignages"

Les planteurs pénalisés par la faute de l’accord de 1969

2,406 millions de tonnes de cannes livrées en 1979, mais production sucrière en baisse de 13.000 tonnes

Manuel Marchal / 3 octobre 2007

Bilan contrasté pour la campagne sucrière 1979. Si les planteurs ont livré plus de 2,4 millions de tonnes, ils sont pénalisés par une diminution de la richesse en sucre.

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L’année précédente, la production de sucre avait battu tous les records : 273.000 tonnes pour 2,380 millions de tonnes de cannes récoltées ! Force était de constater que les 300.000 tonnes étaient à portée de main. Cela ne faisait que confirmer tout le potentiel entrevu dès 1961, voici 46 ans, avec 262.000 tonnes de sucre pour 2,41 millions de tonnes de cannes récoltées.
Mais en 1979, bien qu’ils aient livré 2 millions 406.000 tonnes, les planteurs étaient pénalisés du fait de la diminution de la richesse en sucre. La production s’est finalement établie à 260.000 tonnes, soit 13.000 tonnes de moins, comme l’expliquait "Témoignages" :
« La richesse inférieure cette année a de profondes répercussions chez les producteurs de cannes. En effet, avec une richesse moyenne de 14,01%, nous avons terminé la campagne sucrière avec un prix moyen de 162,13 F cette année. Quand on sait que l’an dernier, avec 14,51%, on était a 153,34 F, l’on comprend que la progression n’est que de 3,79 F cette année ; ce qui, en pourcentage, se traduit par 2,4%. La baisse du pouvoir d’achat des planteurs est évidente, d’autant plus que le taux officiel de l’indice des prix dépasse les 10% ».
Rémunérés depuis la Convention de 1969 sur la base du sucre produit par la canne, les planteurs ne touchent plus rien sur les autres produits de leur récolte. Pourtant, les 7 usines ont brassé, en 1979, 2,406 millions de tonnes, soit 26.000 tonnes de plus que l’année précédente. Et à n’en pas douter, ces 26.000 tonnes ont permis aux usiniers de valoriser davantage leurs bénéfices sur les autres produits de la canne par rapport à 1978.
Pendant ce temps, la rémunération des planteurs reste collée à la valeur d’un seul produit. Et malgré 26.000 tonnes de cannes récoltées en plus, ils subissent une perte de pouvoir d’achat car la production sucrière diminue.
Cela donne une idée de tout ce que les planteurs ont perdu en passant du statut de propriétaire de leurs cannes et de tous ses produits, l’usinier n’étant qu’un façonnier, à celui de fournisseur de matière première pour les industriels.

M. M.