Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
16 février 2012

La douleur est utile, car elle nous alerte sur l’existence d’une maladie ou d’un traumatisme. Pour traiter les douleurs aiguës, celles qui se manifestent sur une courte durée, parfois récurrentes, certains médicaments sont disponibles, parfois même sans ordonnance. Comment se servir de ces antalgiques librement accessibles ? A partir de quelles doses ces derniers deviennent-ils toxiques ou présentent-ils des risques d’effets secondaires ? Voici, expliquées par deux spécialistes, les règles de bon usage des antidouleurs disponibles en automédication.
Le Pr Jean-Paul Giroud enseigne la pharmacologie clinique. Pour ce membre de l’Académie nationale de Médecine, « l’antidouleur le mieux supporté reste le paracétamol. Mais en automédication, il ne faut jamais dépasser 3g par jour (soit 6 comprimés de 500mg) pendant 5 jours au maximum ». Toutefois, tous les médicaments peuvent entraîner des effets indésirables, même lorsqu’ils sont comme le paracétamol, disponibles sans ordonnance. Pour les douleurs récurrentes, il est aussi accessible en association avec la codéine. « Ceci n’est valable que pour le paracétamol », précise le Pr Giroud.
Seules les molécules figurant au premier palier de l’échelle des traitements de la douleur de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont disponibles sans prescription médicale. Si l’aspirine en fait partie, elle est potentiellement agressive pour l’estomac. Et surtout, en cas de surdosage, elle peut entraîner des hémorragies internes. « J’ai reçu un patient qui prenait 12g d’aspirine par jour ! Il a été surpris lorsque je l’ai averti qu’il encourait un risque hémorragique majeur, voire mortel », raconte le Dr Julien Nizard, responsable du Centre d’Evaluation et de Traitement de la Douleur au CHU de Nantes.
Dans le cas des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS), outre l’aspirine, l’ibuprofène est également disponible sans ordonnance. Cet anti-inflammatoire utilisé comme antalgique présente une toxicité digestive et rénale. En plus, « une insuffisance hépatique ou des anomalies de la coagulation font partie des contre-indications », ajoute le Pr Giroud.
L’utilisation d’un antidouleur en automédication ne doit donc jamais se faire à la légère. « Si la douleur persiste, si elle se répète et/ou si elle est très intense, il faut consulter un médecin », insistent Jean-Paul Giroud comme Julien Nizard. Une fois informé du bon usage de ces médicaments, le patient peut alors prendre seul l’initiative de les absorber. « Notre objectif est de le rendre autonome dans la gestion de sa douleur », précise le Dr Nizard, qui prend exclusivement en charge les patients souffrant de douleurs chroniques.
« Trop de patients sont inutilement en surdosage d’antidouleur. Avec un résultat contre-productif. Par exemple, 80% de ceux qui présentent des maux de tête quotidiens souffrent, en réalité, parce qu’ils sont sur-médiqués », conclut-il. En cas de douleur donc, consultez votre médecin traitant. Il saura, si besoin, vous diriger vers un médecin de la douleur.
©Agence de Presse Destination Santé-2012.
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