Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Destination santé
19 juin 2007

Avec près de 8.000 morts par an dans notre pays et plus de 600.000 dans le monde, le carcinome hépatocellulaire (cancer du foie) était jusqu’à récemment une maladie orpheline. Il n’existait aucun traitement de référence et la survie globale, faute de transplantation hépatique, - ou plutôt de donneurs ! - était limitée à quelques mois. LA bonne nouvelle est tombée au cours du congrès. L’équipe du Pr Josep Llovet (Barcelona Clinic Liver Cancer, Espagne) en a fait l’annonce au terme d’un travail mené auprès de plus de 600 malades en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Il en est ressorti que pour la première fois, un médicament, le sorafenib (Nexavar), permettait d’augmenter de 44% la survie globale des malades atteints d’hépatocarcinome. Ce chiffre, si spectaculaire soit-il, ne fera pas perdre de vue que même ainsi, le pronostic de la maladie reste toutefois terrible. La survie globale passe de 10,7 mois chez les patients traités par Nexavar contre 7,9 mois chez ceux ayant reçu le placebo. Toujours est-il, comme l’a indiqué Josep Llovet, qu’« étant donné l’absence de traitements susceptibles d’améliorer de façon significative la survie des milliers de patients atteints de ce cancer du foie, ces résultats font de Nexavar le traitement de référence dans la prise en charges de première ligne de ce cancer ».
Réalisé en coopération avec des équipes internationales et coordonné avec la Mount Sinaï School of Medicine de New York, ce travail avait dû être interrompu avant son terme, précisément en raison de la qualité des résultats obtenus. Il n’était plus possible, au vu de ces derniers, de priver les malades du groupe témoin, tous les patients ont pu bénéficier du Nexavar ! Ces résultats suscitent naturellement des espoirs considérables... et déjà des émules.
Ce traitement (2 comprimés deux fois par jour), qui cible à la fois les cellules tumorales et les vaisseaux sanguins, présente également un bon profil de tolérance. Comme nous l’a expliqué à Chicago le Dr Julien Taieb (CHU Pitié Salpétrière de Paris), « d’autres études sont d’ailleurs déjà en cours. Elles permettront de comparer ce traitement à d’autres nouvelles molécules. Il sera également intéressant d’étudier le rôle que pourrait jouer ce médicament après chirurgie, et de l’essayer en combinaison avec d’autres agents de chimiothérapie ».
Les fabricants du Nexavar - Onyx Pharmaceuticals et BayerHealthCare - ont indiqué préparer les demandes d’extension de son indication au traitement du cancer du foie. Ces démarches ont été entreprises tant auprès de la Food and Drug Administration (FDA) américaine, que des autorités européennes (EMEA).
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