Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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5 mars 2008

Jeudi, le service prévention des risques professionnels de la CGSS organise une conférence-débat sur le thème de l’amiante : “Amiante : quel diagnostic pour quels travaux ?”. D’ailleurs, la revue trimestrielle de ce service de la CGSS donne un avant-goût sur ce thème avec un dossier dédié à l’amiante à La Réunion. C’est l’occasion de voir où on en est avec l’amiante aujourd’hui.
L’amiante est interdite en France depuis 1996, après de très longues années d’utilisation massive. La France est le 8ème pays européen à avoir adopté cette interdiction générale.
Les risques pour la santé ne sont plus à démontrer, les fibroses et cancers liés à l’exposition à l’amiante sont bien visibles, et souvent, tardivement.
Et La Réunion n’a pas échappé à cette utilisation de l’amiante. Elle a été utilisée notamment dans des enrobés de la route du Littoral et dans l’industrie sucrière. Depuis son interdiction, les propriétaires de bâtiment doivent établir un diagnostic amiante. Pour ce faire, il est possible de faire appel à des bureaux d’études spécialisés.
De gros efforts ont été effectués pour le retrait de l’amiante friable, et il ne reste plus qu’à surveiller les 40 à 50 opérations de retrait d’amiante non friable qui se font chaque année.
Le retrait de ces matériaux amiantés est une opération très délicate et doit donc être réalisée par des entreprises qualifiées.
Aujourd’hui, une seule entreprise est habilitée à effectuer ce type d’opération.
Implantée depuis 2005 dans les locaux de la Sémir, au Port, la SIB (Société d’isolation brestoise) compte 4 spécialistes locaux et a réalisé une vingtaine d’interventions à la demande des mairies, des collectivités, dans les écoles, les cliniques, et généralement pour de gros bâtiments.
En 2007, la demande est forte, mais les contraintes aussi. En effet, entre la validation des devis, les commandes et les plans de retrait, on peut compter facilement 2 mois de démarche administrative avant de commencer les travaux. De plus, l’obtention de la qualification est une exigence qui coûte cher et qui est difficilement rentable à La Réunion. Spécialisée dans le retrait d’amiante non friable, la société a étendu ses compétences en obtenant, en 2000, la qualification européenne AFQ AFNOR International AAl/J/9l23 qui lui permet de traiter tous les types de matériaux amiantés.
Bien des efforts ont été faits, mais, malheureusement, aujourd’hui, il reste encore beaucoup d’amiante en place. On pense notamment aux couvertures de porcheries ou de poulaillers qui ont été réalisées en amiante ciment.
D’autre part, la filière de retrait et d’élimination des déchets est loin d’être satisfaisante.
Cette matinée de conférence-débat, qui débutera jeudi à 08h30 à la CCIR (Saint-Denis), sera peut-être l’occasion de soulever ces questions.
Sophie Périabe
(avec la revue trimestrielle “Mission prévention” de la CGSS)
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