La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
17 avril 2010

De l’eau mais aussi des boissons rafraîchissantes — colas et autres limonades…, — des jus de fruit, du thé, du café, des boissons lactées… « Notre façon de boire est fortement influencée par notre culture, notre histoire et nos traditions », explique Pascale Hébel, directrice du département Consommation au CREDOC (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie). Au point qu’il existerait une sorte de modèle français en matière de boissons sans alcool. Santé !
L’eau superstar
Toutes générations confondues, l’eau est logiquement la première des boissons. Des enfants aux aînés, chacun en consomme en moyenne 500 à 600 ml par jour — ce qui correspond à la moitié de nos apports hydriques. C’est un chiffre qui ressort avec constance de trois études menées en France par le CREDOC en 1999, 2003 et 2007.
Pourquoi tant d’eau ? Sans doute le poids de la… géographie. « La France est un pays où les sources d’eau naturelles et minérales sont nombreuses », poursuit cette spécialiste. Elle suggère aussi une explication fondée sur « la grande disponibilité de l’eau potable en France ». Nos traditions culinaires aussi favorisent cette appétence. « En France et contrairement à d’autres pays, on ne mélange pas les saveurs sucrées et salées lors des repas », enchaîne Richard Delerins, historien de l’alimentation auprès de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (EHESS) de Paris. « Cette tradition culinaire explique aussi la faible consommation de boissons rafraichissantes en France (moins d’une demi-canette par jour en moyenne chez les adolescents, n.d.l.r.) ».
A chaque génération, ses boissons
Boissons lactées et jus de fruits pour les enfants, boissons lactées et rafraîchissantes pour les ados et boissons chaudes et alcoolisées pour les adultes… « Lorsque l’on n’a pas été élevé avec une boisson, on l’adopte difficilement ensuite », assure Pascale Hébel. L’exemple-type est celui des jus de fruits, peu consommés par les personnes nées avant les années 60. En revanche, les plus gros consommateurs se recrutent parmi les enfants de la fin des années 70, « quand les jus de fruits se sont installés sur la table du petit-déjeuner ».
Même chose pour les boissons rafraîchissantes, qui séduisent davantage les ados. « On les consomme volontiers en groupe et dans des lieux de convivialité, elles ont un rôle social évident chez les jeunes », souligne Pascale Hébel. « Nous pouvons toutefois supposer que les adultes de demain en seront davantage consommateurs ». Tout simplement parce qu’ils auront grandi avec. En résumé, les Français et les boissons sans alcool, c’est un peu, « dis-moi ce que tu bois, je te dirai quand tu es né ».
Les boissons rafraîchissantes à travers les âges
« L’apparition des boissons sans alcool a toujours suivi l’évolution de notre connaissance du corps humain », observe Richard Delerins. Nous ne buvons pas telle ou telle boisson par hasard : de tous temps, les Français ont consommé des boissons qui ont du goût pour différents usages : se désaltérer, se détendre, se régénérer, se tonifier…
Jusqu’au XVIIème siècle, elles visaient par exemple « à réguler les tempéraments ». C’était le cas de l’eau douce, des vinaigres de santé et surtout de la limonade, première boisson rafraîchissante de l’histoire. Le XVIIIème a vu l’essor de boissons supposées soigner les maux de ventre et favoriser la digestion : eaux minérales puis gazeuses, mais aussi thé, café et également sodas.
Depuis la fin du XIXème, « la médecine met l’accent sur l’énergie du corps » poursuit-il. Les boissons doivent donc tonifier l’organisme. D’où l’apparition de boissons comme les colas, ou plus récemment les boissons énergisantes ou encore celles qui sont proposées pour le sport.
Et demain ? « L’alimentation (solide et liquide) devrait s’adapter aux besoins de nos cellules », promet Delerins. C’est en tout cas l’objet même de la nutrigénomique, une discipline qui étudie l’influence des nutriments sur les gènes. Des signes sont déjà perceptibles outre-Atlantique, où un jus de grenade (un fruit riche en antioxydants) semble faire de plus en plus d’adeptes…
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