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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Destination santé
20 janvier 2010

« Une bonne contraception ? C’est une contraception efficace et surtout bien vécue », explique le Dr Marie-Noëlle Laveissière (hôpital Cochin, Paris). Pilule, dispositif ou système intra-utérin, patch, anneau, implant, spermicides, diaphragme… encore faut-il s’y retrouver parmi la pléthore de moyens existants. Pour cette gynécologue spécialiste de la question, « la clé du succès passe encore et toujours par l’information ». Celle des plus jeunes femmes confrontées à leurs premières fois — (première contraception, premiers rapports sexuels…) mais aussi de leurs aînées, qui doivent composer en fonction de leur mode de vie.
En France, la contraception est l’objet d’un étonnant paradoxe : le recours à l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) atteint des sommets européens (plus de 200.000 par an ces dernières années) alors que le taux de couverture contraceptive ne cesse d’augmenter. Actuellement en effet, trois Françaises sexuellement actives sur quatre utilisent une méthode contraceptive. Alors où est le problème ?
Car il y a problème ! D’après une enquête publiée en 2008 par la Direction de la Recherche des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) au ministère de la Santé, les moins de 20 ans sont chaque année plus nombreuses à recourir à l’IVG : en 2006, plus de 13.000 filles de 15 à 17 ans y ont eu recours. Et elles ont été 850 dans ce cas, avant 15 ans ! Pour le Dr Laveissière, ces jeunes femmes ne sont pas suffisamment sensibilisées à la contraception. « Elles sont même terrorisées par ce qu’elles lisent sur Internet et ailleurs. Il faudrait donc vraiment réaliser des offensives d’information, au sein même des lycées. Pour rétablir les choses, leur expliquer posément ce qu’est une contraception et les différentes méthodes existantes, et combattre les idées reçues ».
Le rôle des parents est tout aussi important. Pas facile toutefois d’aborder ce sujet avec son enfant. Surtout lorsqu’elle est timide et/ou renfermée. Un conseil : profitez de l’opportunité des premières règles. Le message tient en quelques mots : « voilà, tu as tes règles. Je t’explique comment cela se passe. Si c’est douloureux, si tu as un problème, on peut aller en parler à un professionnel », explique le Dr Laveissière avant de poursuivre, s’adressant cette fois-ci aux parents : « Insistez sur le fait que c’est une première consultation et qu’elle ne sera pas systématiquement examinée. L’objectif est de voir où elle en est, de répondre à ses questions sur le fonctionnement de son propre corps ».
« Les femmes ont le droit de changer »
Informer, rassurer, conseiller… Le Credo est également valable… pour leurs aînées. N’oublions pas que près de la moitié des 200.000 IVG pratiquées chaque année en France concerne des femmes qui ont déjà recours à la contraception ! « Nous sommes évidemment face à un déficit d’information mais aussi face à un problème d’observance », ajoute Marie-Noëlle Laveissière. Dans la plupart des cas, il s’agit de femmes qui utilisent une contraception non adaptée à leur mode de vie.
C’est pourquoi pour être bien acceptée et bien suivie, toute méthode contraceptive doit être adaptée à la femme qui la choisit. En fonction de son âge et de ses habitudes de vie. Si vous n’êtes pas satisfaite de votre contraception, vous devez en parler à votre médecin généraliste ou à votre gynécologue. Ce sera au professionnel ensuite, « de savoir écouter. Ces femmes ont le droit de changer de méthode contraceptive et de voir ce qui est le mieux pour elle ».
Et le choix est vaste. Bien sûr la contraception orale reste la plus utilisée, d’autant que les dernières générations de pilules ne manquent pas d’atouts ; la dernière née possède un estrogène naturel, identique à l’hormone féminine naturelle, à la place de l’éthinylestradiol. Grâce à cette pilule, les femmes bénéficient de la tolérance d’un estrogène qui respecte au mieux leur nature. Ainsi, ces dernières innovations en contraception orale apportent, en plus de leur effet contraceptif, des bénéfices additionnels sur la qualité de vie. Lesquels sont plébiscités. « Il est important que les femmes puissent maitriser la douleur liée à leurs règles, les tensions et les douleurs dans les seins, les migraines menstruelles, les jambes lourdes ou l’acné », poursuit notre médecin. « Aujourd’hui, nous avons le choix. Nous adaptons donc notre prescription en fonction des besoins de la patiente et des troubles prédominants. Contre l’acné ou le syndrome prémenstruel par exemple, des pilules contenant de la drospirénone apportent un soulagement réel à un certain nombre de femmes ».
Et pour provoquer le réflexe de prise, « la tendance est de plus en plus aujourd’hui, à la prise en continu ». C’est ainsi que certaines plaquettes comptent désormais 28 comprimés, 4 ou 7 d’entre eux selon les cas étant totalement inactifs. « C’est vraiment pratique dans la mesure où les femmes n’ont plus à réfléchir à la date de reprise ».
Les dispositifs intra-utérins gagnent du terrain
Comme le montre le dernier Baromètre Santé, l’utilisation de la pilule diminue avec l’âge. A partir de 25 ans, la contraception intra-utérine prend le relais. Ce que l’on appelait autrefois le stérilet est aujourd’hui disponible sous deux formes : les dispositifs intra-utérins (DIU) au cuivre et le système intra-utérin (SIU) progestatif. « Ils grignotent progressivement du terrain », ajoute le Dr Laveissière. Leur utilisation a en effet augmenté en 2008. Elle enchaîne : « Autrefois, lorsque nous mettions un stérilet chez une nullipare (une femme qui n’avait jamais eu d’enfant, n.d.l.r.), on nous montrait du doigt. Maintenant, c’est un progrès dont il est dommage de ne pas faire profiter des femmes plus jeunes ». Elle fait notamment référence à l’action à la fois mécanique et progestative du SIU dont l’efficacité est supérieure. A noter qu’il est également indiqué en cas de règles abondantes et douloureuses puisque celles-ci seront diminuées en intensité et en durée.
A la moindre interrogation, abordez la question avec votre gynécologue. Les occasions de parler “contraception” sont nombreuses : en cas d’IVG bien sûr mais aussi de changement de partenaire, au décours d’une grossesse ou enfin, tout simplement si vous souhaitez changer pour mieux adapter votre méthode contraceptive à votre profil personnel et votre mode de vie. Pour en savoir davantage, vous pouvez aussi visiter le site dédié du ministère de la Santé : http://www.choisirsacontraception.fr/
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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