3 septembre 1928

Découverte de la pénicilline

3 septembre 2008

Fleming a laissé sa marque dans le domaine de la bactériologie par ses travaux de recherche et surtout sa découverte de la pénicilline qui modifie profondé-ment la pratique médicale et chirurgicale en matière d’infections et marque les débuts de l’ère des antibiotiques.
Pourtant, non seulement Alexander Fleming l’a découverte par hasard ; mais de plus, il n’a réalisé que tardivement la portée de sa découverte

Fils d’un modeste fermier écossais Alexander Fleming est né le 6 août 1881. À 14 ans, il part à Londres suivre une formation commerciale puis travaille comme employé aux écritures dans une compagnie de navigation.
En juillet 1901, un petit héritage lui permet de reprendre ses études. Il obtient une bourse de début d’études en médecine à la "St-Mary’s Hospital Medical School" où il présentera une thèse sur les infections microbiennes et les moyens de les combattre. Il obtient son diplôme de docteur en médecine et une médaille d’or de l’université de Londres, en 1908. Comme il souhaite devenir chirurgien, Alexander Fleming obtient le titre de Compagnon du Collège royal des chirurgiens.
Son "patron", le professeur Sir Almroth Wright, est connu pour son énergie, sa pensée fertile et son génie technique. C’est un familier de l’Institut Pasteur et de Jules Bordet (prix Nobel), il dirige le laboratoire de bactériologie du St.-Mary’s Hospital.
Alexander Fleming commence ses travaux sur le traitement des infections bactériennes, qui à l’époque font des ravages. 
Il dispose d’un petit laboratoire de recherche au centre d’inoculation de l’hôpital St Mary’s, qui deviendra par la suite l’Institut Wright-Fleming.
En 1928, Fleming est nommé au poste de professeur de bactériologie.

Ayant découvert (voir encadré) une substance anti-bactérienne, il fait l’essai du produit en application locale (irrigation de plaies, conjonctives, sinus,...). En injection, cela ne marche pas bien, parce qu’une fois injectée, la pénicilline est instable et rapidement inactivée.

Malheureusement, il rencontre de nombreuses difficultés et doit abandonner ses recherches.
12 ans plus tard, Sir Howard Florey et Ernst Boris Chain, savant allemand ayant fui le nazisme, réussissent l’extraction et la purification de la pénicilline.


Le 16 août 1941 la revue médicale "The Lancet", officialise l’effet thérapeutique de la pénicilline et son innocuité.
En 1942, après des essais cliniques aux résultats stupéfiants, Fleming met au point les protocoles et trouve les moyens de vérifier la force et le degré d’activité du produit dans le sang. En 1943, il soigne à la pénicilline l’infection d’un adolescent, présentant une septicémie. Après utilisation de la pénicilline, la fièvre tombe spectaculairement et, en trois jours, le malade est guéri.
Du fait de la guerre mondiale, c’est au Canada et aux États-Unis que la pénicilline commercialisable est mise au point. Chaque dose coûte une fortune. Ce médicament va permettre de vaincre non seulement les infections des plaies de soldats blessés, mais combattra efficacement des épidémies de fièvre typhoïde et de typhus.


La découverte

A son retour de vacances le 3 septembre 1928, survient un véritable miracle. Alors qu’il observe l’inhibition de la croissance de colonies staphylococciques sur une boîte de Petri, contenant une culture de bactéries se développant sur une couche d’agar-agar, une moisissure verte, ressemblant à celle du fromage de Roquefort, trouble sa culture. Fleming observe que la moisissure verte, est probablement venue d’un laboratoire contigu où travaille le jeune mycologue Charles J. Latouche, sur des champignons provoquant des allergies chez des malades atteints d’asthme. Cette moisissure a littéralement anéanti la culture de bactéries. Il constatera ensuite que cette moisissure est active sur un grand nombre de bactéries.

Au microscope il découvre un champignon, qu’il appellera "penicillium notatum". La substance anti-bactérienne portera le nom de pénicilline, tiré du nom latin du champignon "penicillium". 
Alexander Fleming comprend que ce produit est sécrété et qu’il peut par conséquent être extrait. Le 13 février 1929, surmontant ses doutes, Alexander Fleming présente sa découverte devant le “gratin” de la science et de la médecine du Medical Research Club sans parvenir à les convaincre.


« Un pur et miraculeux accident »

A Bruxelles, les 29 et 30 novembre 1945, alors que les universités de Bruxelles, Louvain et Liège l’honorent et lui discernent le titre de docteur honoris causa, voici ce que Fleming déclare : « J’ai été désigné comme l’inventeur de la pénicilline. Aucun homme n’aurait pu "inventer" la pénicilline, car elle a été produite, de temps immémorial, par la nature et par une certaine moisissure. Non, je n’ai pas inventé la substance pénicilline... Ce fut un accident, un pur et miraculeux accident ».


Prix Nobel de médecine

Le 7 décembre 1945 Alexander Fleming partage le prix Nobel de médecine avec Howard Florey et Ernst Boris Chain, pour leurs contributions à la mise au point du traitement antibiotique par la pénicilline et leurs apports au développement de la médecine moderne.


Autre découverte “par hasard”

En 1922, également par “hasard”, Fleming découvre le lysozyme, dans les sécrétions nasales et dans les larmes : une substance qui dissout certaines bactéries mais pas les leucocytes et qu’il dénomme "lysozymeau" cette substance constitue une de nos défenses naturelles contre les infections

Témoignages (avec “The Lancet” et BBC)

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