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Colorants alimentaires et hyperactivité : quelle relation ?
25 septembre 2007

Il y a déjà longtemps que l’on suspecte certains colorants alimentaires et autres additifs d’avoir des effets nocifs, plus particulièrement sur le comportement des enfants, dont l’hyperactivité.
Quelques-uns ont été retirés du marché, beaucoup d’autres perdurent. De quoi les accuse-t-on ? D’augmenter l’hyperactivité et l’impulsivité des enfants, de favoriser les troubles de leur attention. Autrement dit, tout ce qui fait qu’un enfant est particulièrement insupportable, ne tient pas en place, a des difficultés d’apprentissage, notamment pour la lecture, et donc des problèmes à l’école.
Cet état est souvent considéré comme un trouble comportemental. On le nomme TDHA, Trouble déficitaire de l’attention avec (ou sans) hyperactivité. Pour le moment, on en ignore encore les origines : psychologique, génétique, neurologique, les trois en même temps ? On se pose aussi la question de l’influence des colorants alimentaires.
Très médiatisée aux États-Unis, cette maladie est assez peu reconnue en France. On estime qu’elle atteindrait entre 3 et 6% des enfants. Elle se soigne notamment avec un médicament, le méthylphénidate (Ritaline), substance inscrite sur la liste des stupéfiants. Et elle peut subsister chez les adultes.
La preuve par l’expérience
Les résultats d’une étude commandée par la Food Standard Agency britannique (l’équivalent de notre AFSSA, Agence française de sécurité sanitaire des aliments) viennent d’être publiés. Ils sont sans appel.
153 enfants âgés de 3 ans et 144 enfants de 8/9 ans de Southampton en ont été les cobayes. Choisis dans les garderies et les écoles, aucun d’eux ne souffrait du moindre TDHA.
A certains, on a administré des boissons contenant différents mélanges et doses (identiques à celles contenues dans deux à quatre paquets de 56 g de bonbons) de ces colorants : jaune orangé S (E 110), carmoisine (E 122), tartrazine (E 102), Ponceau 4 R (E 124), jaune de quinoléine (E 104), rouge allura (E 129) et du benzoate de sodium (E 211), un conservateur.
A d’autres, on a donné un jus de fruit placebo, complètement naturel, de façon à pouvoir faire des comparaisons.
On a mis en place en même temps toute une batterie de tests jugeant des degrés de l’hyperactivité, de l’impulsivité et des troubles de l’attention.
Résultats : chez les enfants qui avaient absorbé les boissons colorées assaisonnées de benzoate de sodium, le niveau d’hyperactivité a indiscutablement augmenté, et ce même s’ils n’avaient pas absorbé toute la boisson.
Est-ce les colorants uniquement ? Est-ce l’association de ceux-ci et du benzoate de sodium ? Pour le moment, on ne sait pas.
Et de surcroît, ces colorants sont allergisants
Tous ces colorants sont fortement soupçonnés de créer des allergies : les études qui le démontrent se multiplient dans tous les pays. Aux États-Unis, seuls trois de ces colorants sont maintenant autorisés. Ce n’est pas le cas en Europe.
Où se trouvent-ils ?
Ces colorants sont utilisés dans les bonbons et confiseries de toutes sortes, les pâtisseries et les biscuits, les boissons sans alcool (sodas, jus de fruits, sirops, etc...), les glaces, les desserts industriels : en fait, tous les produits et boissons sucrés que consomment les enfants à longueur de journée et qui se doivent d’être plus ou moins colorés pour mieux se vendre. Et l’on sait fort bien que plus c’est flashy, plus un enfant est attiré : les gélifiés - ces formes en gélatine sucrée et fortement colorée - vendus en vrac partout représentent 30,8% du marché des bonbons.
Quant au benzoate de sodium, il se balade dans les boissons sucrées et les confitures.
Peu de réactions
L’industrie suit attentivement les recherches et dispose de nombreux conseillers en nutrition qui sont probablement au courant des effets nocifs des colorants chimiques sur l’hyperactivité des enfants.
Il n’empêche qu’ils perdurent dans des centaines de produits. Pendant ce temps, en France, un enfant sur 400 prendrait de la Ritaline pour soigner ses troubles. Et on se lamente à propos des enfants qui ne tiennent pas en place, qui ont des difficultés à l’école. Et l’on se plaint, à juste titre, de la progression effarante des allergies.
La Commission Européenne a annoncé qu’elle avait chargé l’EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) d’examiner cette étude afin de décider s’il convient de prendre des mesures à propos de ces additifs. Espérons que cela se fera rapidement !
En attendant, mieux vaut regarder attentivement les étiquettes de tout produit et boisson colorés et se dispenser de consommer ceux qui contiennent ces additifs.
Paule Neyrat, Diététicienne
(Sources : e-sante.fr et McCann et coll., The Lancet)
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