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Destination santé
14 février 2008

La pratique des perçages et tatouages expose, en France, à des complications toujours plus fréquentes. Ce constat fait réagir l’Académie nationale de Médecine, qui propose aux autorités 10 recommandations « d’utilité publique ». « Les complications les plus nombreuses sont de nature infectieuse, bactérienne ou virale. Certaines sont graves, locales ou diffuses : gangrène, endocardite. Des cas de tuberculose ont été rapportés et surtout d’hépatite virale. Des manifestations allergiques ne sont pas rares », s’alarme l’Académie.
Peu de chiffres sont disponibles en France. Il existe seulement une estimation de la fréquence des perçages, qui seraient en France au nombre de 100.000 par an. Encore ce chiffre date-t-il de... 1998. Du côté des complications, c’est encore pire. L’Académie regrette « l’absence d’études françaises permettant d’apprécier la fréquence et la gravité des éventuelles complications ». Seuls les pays anglo-saxons disposent de données.
Quant au cadre réglementaire, il se manifeste là encore par sa totale inexistence, alors que la plupart des pays européens disposent de réglementations plus ou moins structurées. « Aucune qualification particulière, aucune condition pratique d’exercice ne sont légalement requises pour l’activité de perceur. Aucun contrôle sanitaire de leurs activités n’est donc exercé. Le statut légal des perceurs est celui d’artisan ou de commerçant », dénoncent les académiciens.
C’est dire l’ampleur de la tâche des politiques pour tenter de réglementer ces activités. Ils pourront néanmoins s’appuyer sur les recommandations émises par l’Académie : Information de la population sur les risques des tatouages et perçages ; autorisation parentale écrite pour les mineurs, formation théorique et pratique du personnel ; responsabilité juridique des professionnels ; agrément des autorités sanitaires pour l’aménagement des locaux, l’équipement et le traitement des déchets... Pour prendre connaissance de l’ensemble des recommandations, consultez www.destinationsante.com à la rubrique Bibliothèque.
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