Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Destination santé
26 septembre 2008

« Les futures mamans doivent être conscientes du risque qu’elles prennent - pour elles et pour leur enfant - en refusant un accompagnement médicalisé de leur accouchement ». L’Académie nationale de Médecine réagit vigoureusement à la mise en examen, dans l’Ariège, d’une doula. C’est-à-dire, en quelque sorte une accompagnante de la naissance. Après le décès d’un nourrisson qu’elle venait d’aider à mettre au monde, elle est poursuivie pour exercice illégal de la profession de sage-femme.
Apparue voici une trentaine d’années aux Etats-Unis, cette “pseudo-profession” a débarqué en France en 2003. Depuis, le phénomène prend de l’ampleur. Dans un rapport rendu public en juin 2008, l’Académie nationale de Médecine estimait que 50 doulas exerçaient en France.
Leur rôle ? En théorie ,« elles interviennent uniquement pour aider les futures mères, les soutenir tout au long de la grossesse », précise Marie-José Keller, présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes. « Mais le danger est que de plus en plus de doulas donnent des conseils médicaux, rompant la relation singulière entre le soignant et sa patiente ».
La pratique des doulas n’a aucun statut juridique en France. Rappelons que le diplôme de sage-femme est obtenu au bout de 5 années d’études. Quant à la formation proposée par l’association “Doulas de France”, elle se déroule... en 25 jours. Cherchez l’erreur ! En juin dernier, les Académiciens avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur le danger des accouchements à domicile pratiqués par ces femmes. Dans un communiqué diffusé aujourd’hui, l’Académie renouvelle ses réticences. Elle préconise « plutôt la mise en place de salles de naissance physiologique au sein des maternités ouvertes aux accompagnants familiers ou choisis, mais soumis à l’obligation de ne pas interférer dans les décisions médicales ». De son côté, Marie-José Keller estime que l’accouchement à domicile est parfaitement légitime. A deux conditions. « Il est primordial de s’assurer que la future maman ne présente pas de risques particuliers et qu’il soit pratiqué dans des conditions optimales de sécurité ».
L’Académie et l’Ordre mettent en garde contre toute reconnaissance officielle de la formation et de la fonction des doulas. « Il n’est absolument pas nécessaire de légiférer sur les accompagnantes », souligne Marie-José Keller. Reste que de nombreuses futures mamans désirent être davantage accompagnées pendant l’accouchement et après la naissance. « Il faut entendre le désir des femmes d’avoir un accouchement plus naturel, plus personnalisé. Pour cela, il faut davantage de sages-femmes ». Même son de cloche à l’Académie. « Il est nécessaire de renforcer les effectifs des sages-femmes, pour leur donner plus de disponibilité et leur permettre de mieux accompagner les femmes au cours de la grossesse, du travail et dans les suites de couches ».
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